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Walter Energy, Peabody, Yanzhou : les valeurs qui profitent du boom du charbon

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Pas d’acier sans charbon coke

Les Trente Glorieuses chinoises font de l’empire du Milieu, et des pays émergents en général, un consommateur effréné d’acier, matière de base à toute industrialisation et urbanisation : construction de rails, trains, ponts, immeubles, usines, lave-linge, voitures…l’acier est partout.

Un appétit d’ogre

Je rappelle que la Chine est le premier producteur mondial de charbon devant les États-Unis, l’Inde et l’Australie. Premier consommateur aussi, puisqu’elle ingurgite un tiers de la production mondiale de charbon coke à elle seule. Sa demande croît de 5% l’an en moyenne.

Basculement : des importations multipliées par cinq

Jusqu’à très récemment la Chine exportait ; mais depuis juillet 2007, elle est devenue importatrice nette pour la première fois de son histoire.

Deux raisons :

  • la Chine ferme manu militari les mines illégales et dangereuses (combien de morts chaque année dans les mines de charbon !)
  • la hausse de ses besoins en acier, tant la croissance est forte

Conséquences

Face à ses besoins explosifs en charbon, le pays ponctionne massivement le marché. L’offre et la demande se déséquilibrent. Le prix du charbon s’envole.

La Chine enfonce la pédale d’accélération de ses importations, celles-ci passant de 7 Mt en 2008 à 35 Mt en 2009 (fois 5 en un an !). Et cette tendance effrénée se poursuit sur 2010 en plus.

Le charbon manque, son prix flambe

Depuis le début de l’année, face au redémarrage de la demande de charbon côté aciériste, les acheteurs en concurrence sont prêts à acheter immédiatement du charbon au prix fort, voire carrément au-dessus du prix spot de 220 $, pourvu qu’ils soient livrés. Ainsi, le Turc Erdemir se fera livrer au prix de 319 $ la tonne !

Certains acheteurs turcs et indiens n’ont tout simplement pas pu être livrés, faute de charbon. Les miniers ont “pré-vendu” aux aciéristes l’essentiel de leur production. Alors trouver “du rab” est non seulement difficile, mais se négocie à prix d’or.

Le grand port charbonnier australien est saturé, les vraquiers font la queue pendant des jours en attente de pouvoir charger, tant la demande chinoise est importante.

Jouer le charbon, c’est jouer la Chine

Face au mastodonte chinois et aux quelques grands aciéristes, trois géants miniers font 75% de l’offre du charbon : Rio Tinto, BHP et Vale. Une concentration extrême.

Jouer le charbon, revient finalement à jouer la croissance chinoise et la baisse de ses ressources de charbon. Plus sa croissance sera forte, plus elle sera obligée d’importer faute de ressources internes suffisantes.

La Chine manque cruellement de brut. La Chine fait le cours du brut. C’est aussi le cas pour le charbon !

La bataille fait rage : 55% de hausse du prix du charbon en mire

En ce moment même sont négociés de gré à gré, entre les gros aciéristes et les miniers, les prix du charbon. Les prix sont valables un an à compter du premier avril. C’est du moins comme cela que fonctionne la profession depuis 40 ans. Quoique…BHP cherche à imposer des négociations trimestrielles ou semestrielles, plutôt qu’annuelles, pour permettre d’être plus en phase avec le cours spot du charbon. Les règles ancestrales qui régissaient le marché sont donc en train d’évoluer (au grand dam des aciéristes), les miniers ayant le pouvoir entre leurs mains.

L’an passé, le prix du charbon négocié était de 128 $ la tonne. Il pourrait atteindre cette année plus de 200 $. Plus de 55% de hausse !

Le Japonais JFE, numéro 6 de la sidérurgie, vient de conclure dans ce sens : toutes ses livraisons sur le second trimestre se feront à ce prix. Précisément.

Dans ce bras de fer, les miniers en situation de quasi-monopole ont le pouvoir avec eux et sauront s’imposer, tant la concurrence fait rage.

Qui sont les principaux bénéficiaires de la hausse des prix ?

Premier fournisseur de charbon à la Chine, l’Australie est la première à tirer les marrons du feu. Ne vous demandez plus pourquoi ce pays est un “miraculé de la crise” !

Second plus gros pays exportateur de charbon : le Brésil.

Les minières comme BHP Billiton, Rio Tinto ou Xstrata en profitent bien entendu. Mais bien plus encore les pure players comme Peabody Energy, dont l’activité charbon n’est pas diluée.

Depuis son creux l’an dernier, Peabody Energy a gagné 100% en un an, Consol Energy 170%, Arch Coal 115%.

J’ai gardé le meilleur pour la fin : le Chinois Yanzhou Coal a gagné 525% et l’Américain Walter Energy 335% !

 


 

Évolution du cours de Walter Energy, passé de 12 $ à 86 $ en un peu plus d’un an

 

Isabelle Mouilleseaux
Article extrait du site www.edito-matieres-premieres.fr

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