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Laurent Horvath

Laurent Horvath

Les enjeux de la production des Energies sont si importants, qu'ils sont en train de modifier nos vies et l'équilibre du Monde. Mieux les Comprendre aujourd'hui, nous permet d'envisager l'avenir et agir concrètement aujourd'hui.

J'ai créé en 2008 le blog http://2000watts.org/ pour suivre cet univers.

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conquerirlabourse

Pétrole: Les prix s'effondrent. Une vraie partie d'échec

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L'Arabie Saoudite, le Koweit et la Russie inondent le marché de pétrole. Depuis le peak de juin, les prix sont en chute libre pour atteindre les 80$ le baril. Et si le but de cette improbable coalition est de remettre en question la nouvelle hégémonie pétrolière des USA et ses huiles de schiste?

Nous assistons peut-être à une formidable partie d'échec entre les grandes puissances pétrolières afin de garder le leadership mondial ainsi que le contrôle stratégique et énergétique du monde. Ce n'est qu'une hypothèse, mais si elle rejoignait la réalité?

Bien sûr que l'économie tousse, Europe, Inde et Chine en tête, mais cette donnée n'infléchit que mollement la courbe de demande de pétrole qui reste haussière +700'000 barils en 2015 et atteindre un record jamais égalé à 93.5 millions barils/jour comparé aux 92,8 millions b/j aujourd'hui.

Bien sûr que l'état de l'économie influence les cours de l'or noir, mais la lame de fonds n'est peut être pas là où l'évidence le suggère.

Le gaz de schiste dans la cible

Grâce aux huiles de schiste, les USA ont réussi à augmenter leur production pétrolière de 2 millions b/j et un million de barils supplémentaires devraient être ajoutés en 2015. Avec le bioéthanol et tous les dérivés, les USA désirent apporter sur la table mondiale 9,5 millions b/j fin 2015 et espèrent ainsi prochainement dépasser la Russie et l'Arabie Saoudite. 
Avec une certaine arrogance, le Président Obama ne cache pas les ambitions de son pays ce qui a eu pour but d'irriter certains pays.

Cependant, le talon d'Achille des forages de schiste est le coût d'extraction prohibitif. L'IEA (International Energy Agency) estime que le prix moyen d'extraction de ce type de pétrole atteint 85$ le baril alors que d'autres experts vont jusqu'à 110$ par baril. Juxtaposez ces chiffres avec les 10 à 25$ du pétrole saoudien ou les 25-40$ du pétrole russe et l'équation devient évidente.

Même avec un baril à 100$, comme nous l'avons eu ces deux dernières années, sur les 71 entreprises actives dans les forages de schiste répertoriées à Wall Street, 67 sont en déficit chronique ou au bord de la faillite. Les investisseurs américains, qui ont investi et perdu plus de 50 milliards $ cette année, sont en train de déserter ce domaine et avec l'arrêt de l'injection de billets verts par la FED, le dernier espoir des foreurs s'évanouit.

Qui craquera en premier

En faisant chuter les prix du baril en dessous du prix de production, l'Arabie, le Koweit et la Russie, pourraient empêcher définitivement les producteurs américains de trouver les sources de financement nécessaires. D'autant plus qu'il y a urgence, car dans les mois à venir, le 70% des puits du Bakken au Dakota et d'Eagle Ford au Texas devront être remplacés par de nouveaux forages afin de simplement maintenir la production actuelle.

Si la coalition arrive à maintenir le prix du baril aussi bas pendant ce laps de temps, nous pourrions assister à un véritable carnage et à une chute de production américaine d'huile de schiste. Ainsi l'étau pourra se desserrer et les prix remonter en espérant que la leçon sera apprise.

Cependant, un baril à 80$ n'arrange pas les budgets ni de la Russie et de l'Arabie. Qui craquera en premier?

La première place mondiale se mérite surtout dans un domaine aussi stratégique et important. Les tactiques et les alliances sont cruciales.  Les russes sont de formidables joueurs d'échec et les saoudiens des commerçants aguerris. Dans ce contexte, il ne serait pas étonnant de voir les USA renoncer à leur rêve.

Ce n'est bien sûr qu'une hypothèse. Mais n'oublions pas que la même arme avait été utilisée par l'Arabie Saoudite et les USA pour mettre à genou l'URSS et son président Gorbatchev. L'histoire ne ferait que rattraper l'histoire.
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