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Thibault Doidy de Kerguelen

Thibault Doidy de Kerguelen

Je suis président de la Compagnie Financière et Patrimoniale de Normandie. Vous pouvez me suivre sur mon site http://maviemonargent.info/

Conquérir la bourse

La « contribution climat énergie » n’aura pas un impact si nul que cela…..

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La « contribution climat énergie » va sérieusement compromettre la « pause fiscale » de 2015!

Nadine nous expliqué récemment (ici) que notre Président était un « mauvais menteur ». Mauvais peut être, mais prolixe. Ainsi, voici qu'apparaît la « contribution climat énergie » sur les énergies fossiles qui sera mise en place l'an prochain. Elle rapportera, selon les prévisions de Bercy, 2,5 milliards d'euros en 2015 et 4 milliards d'euros en 2016. Sans incidence sur la fiscalité, sans impact sur les taxes des carburants. Vous imaginez une compensation de ce niveau? Prise où, sur quoi?

Le chef du gouvernement, Jean-Marc Ayrault, a également annoncé que l'Etat « mobiliserait une partie des gains financiers » dégagés par le parc nucléaire français afin de financer la transition énergétique, sans donner de détail. De son côté, le ministre de l'écologie, Philippe Martin, déclare sur RTL «Ni l'entreprise, ni ses clients ne seront taxés, grâce aux amortissements sur ses installations, EDF va dégager des sommes qui pourront être utilisées pour financer la transition.» Cela veut il dire que l'opérateur ne pourra plus provisionner pour financer ou participer au financement du des centrales obsolètes? Ni engager les travaux nécessaires à leur prolongation d'activité (EDF finalise actuellement un plan d'investissement dit de « grand carénage » de 55 milliards d'euros d'ici 2025, visant à prolonger de 40 à 60 ans la durée de vie de ses centrales, ainsi qu'à améliorer leur sûreté après la catastrophe de Fukushima.)? Cela veut il dire que si l'opérateur envisage un renouvellement du parc avec des centrales modernes, il devra les financer intégralement par l'emprunt? Il serait dommage que l'Etat impose aux sociétés privées ses propres méthodes de gestion; nous en connaissons les résultats désastreux. Notons tout de même que l'activité nucléaire subit déjà une fiscalisation particulière. Le parc nucléaire d'EDF (19 centrales, et 58 réacteurs) est déjà assujetti à un prélèvement spécial, la taxe sur les installations nucléaires de base (ou INB). Elle est également prélevée sur certains sites nucléaires du CEA et d'Areva, et alimente le budget général. Cette taxe sur les INB devrait rapporter près de 580 millions d'euros cette année. Des taxes additionnelles financent des dispositifs liés au stockage des déchets radioactifs (pour près de 200 millions d'euros par an).

Concernant la « contribution climat énergie », (souvent qualifiée de taxe carbone), elle concernera « l'essence, le gazole, le charbon et la houille, le gaz naturel ainsi que le fioul lourd et domestique », a confirmé le Premier ministre. Sans incidence sur les prix? « J'ai souhaité que cette réforme soit très progressive. Elle respectera notre engagement de stabilité des prélèvements obligatoires », a assuré M. Ayrault. Quant aux professionnels des transports et de la pêche, ils « gardent leurs exonérations ». Ça y est, nos dirigeants ont trouvé la pierre philosophale? Pour ma part, j'ai du mal à imaginer le montage.

En effet, cette contribution carbone, calculée en fonction des émissions de C02, fera partie des taxes intérieures de consommation sur les carburants et les combustibles fossiles s'élèverait à 7 euros la tonne en 2014, avant de grimper à 14,50 euros la tonne en 2015 et 22 euros la tonne en 2016. C'est curieux, mais je ne sais pas pourquoi, j'ai comme l'impression que la pause fiscale en 2015 ne sera pas plus reposante qu'en 2014!
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