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Investir à contre courant dans le bois au Québec

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Nature de contenu : Edito
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Chadwick Wasilenkoff, avec l’achat du moulin à papier de Thurso, n’est pas le seul homme d’affaires de Colombie-Britannique à effectuer des investissements à contre-courant au Québec. Le 29 mars dernier (à peine 11 jours après la transaction de Thurso), c’était au tour de son compatriote Rick Doman d’acheter des actifs québécois dont personne ne semblait plus vouloir…

Sa compagnie, Eacom Timber (TSX Venture - ETR), s’est ainsi porté acquéreur de 7 scieries (3 au Québec et 4 en Ontario) et d’une usine de deuxième transformation (situé a Sullivan au Québec) appartenant à la société Domtar. Dans l’état actuel de l’industrie du bois d’oeuvre, il s’agit d’un investissement audacieux et très à contre-courant. Le prix du bois d’oeuvre est présentement trop bas pour que ces scieries soient rentables. Deux d’entre elles (Sainte-Marie et Ear Falls) sont même inactives.

Rick Doman mise évidemment sur un retournement de la situation. Selon lui, l’offre de bois d’oeuvre devrait diminuer dans les prochaines années en raison des ravages causés par un insecte (la dendroctone du pin ou “Pine Beetle”) dans les forêts de l’Ouest canadien et du Nord-Ouest américain. Parallèlement, la reprise économique va faire augmenter la demande. La baisse de l’offre combinée à une hausse de la demande devrait ainsi faire remonter les prix du bois d’oeuvre et transformer les scieries en exploitations très rentables.

Eacom a payé 129 millions à Domtar pour acquérir les scieries (102 millions comptant et 27 millions sous forme d’actions d’Eacom). La société a réalisé une émission d’actions de 145 millions pour financer cette acquisition. Suite à cette transaction, Eacom n’a aucune dette et possède toujours 43 millions en liquidités. Fait à noter, Domtar détient maintenant 11% des actions d’Eacom. Selon le journaliste Fabrice Taylor, c’est un signe que Domtar croit toujours au potentiel des scieries et que la vente était le fruit de la pression de certains actionnaires.

Rick Doman a travaillé toute sa vie dans l’industrie du bois d’oeuvre. Son père, Herb Doman, a créé la société Doman Industries (maintenant Western Forest Products). Il connait donc très bien le secteur et applique la bonne vieille recette de l’investisseur à contre-courant qui achète au creux absolu du marché et attend ensuite le rebond. La transaction n’est peut-être audacieuse qu’en apparence…

Par contre, le manque d’audace des entrepreneurs québécois semble de plus en plus évident lorsqu’on les compare aux Wasilenkoff et Doman !

 

Philippe RANCOURT

Article original :

http://www.entrepreneurboursier.com/2010/10/31/investir-a-contre-courant-au-quebec/

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