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La situation du Franc Suisse - positions ouvertes sur EUR/CHF

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Nombre de commentaires : 4 réactions

 

 

 

Depuis septembre 2011, la Banque Nationale Suisse a fixé un plancher sur la parité EUR/CHF à 1,20.

 

Très bien. Jolie décision.

 

Concrètement, cela signifie que la BNS achète des euros en vendant des francs suisses à chaque fois que la parité approche ce seuil.

 

Voilà ce qu’on voit depuis quelques semaines, depuis le très fugace enfoncement du plancher, à 1.997  le 5 avril dernier.

 

(graphique en 4 H, retrouvez-les graphiques en taille originale ici:http://www.investisseur-particulier.fr/la-situation-du-franc-suisse-positions-ouvertes-sur-eurchf)

 

 

 

 

Clairement, la BNS défend coûte que coûte ce seuil.

 

En passant, je ne connais pas un seul exemple de banque centrale ayant réussi à défendre durablement un seuil tant que les raisons fondamentales allaient logiquement contre ce seuil, avec l’aide bien sûr des spéculateurs.

 

Je ne vois pas pourquoi la BNS (qui est loin d’être la Fed…), pourrait accomplir ce miracle. Sauf évidemment si les raisons fondamentales changeaient (fin, dans des conditions convenables, de la crise grecque, redémarrage de l’économie mondiale, assainissement de la crise des dettes, visite du Père Noël au G8, etc). Je ne sais pas pour vous, mais personnellement, je n’y crois pas trop, en tout cas pas avant que le seuil ne cède.

 

Lorsqu’on regarde les positions ouvertes sur les contrats futures globex sur le franc suisse, on remarque que les traders sont fortement vendeurs de CHF. Nous sommes à des niveaux plus bas qu’en juillet 2010, lorsque le franc suisse s’est fortement apprécié.

 

 

Sur le Forex, on peut regarder les données fournies par Oanda, qui me semblent relativement fiables et représentatifs, vu la relative importance des volumes de ce courtier.

 

 

 

 

Le ratio des positions ouvertes représentent le part des différentes paires majeures ayant des positions ouvertes (longues ou courtes). Il est donc normal que l’EUR/USD soit majoritaire.

 

Les données intéressantes sont à voir dans les ratios des positions longues/courtes.

 

En effet, des valeurs élevées (disons >80%) sont pour un contrarien un signal important.

 

La logique voulant que le marché va toujours là où la minorité peut gagner le plus (et donc, où la majorité perd), on constate que l’EUR/CHF est extrêmement haussier. Cela signifie donc qu’une écrasante majorité des traders sont longs sur la paire, espérant une intervention de la BNS pour soutenir l’Euro. Remarquez au passage les fortes positions haussières sur l’argent et l’or, qui plaideraient donc plutôt sur une correction baissière (voir http://www.investisseur-particulier.fr/une-affaire-en-or-2eme-partie ).

 

En gros, ce qui se passe en ce moment est dû à des positions massives à l’achat sur l’EUR/CHF avec des prises de gains rapides, ce qui maintient la paire dans une volatilité particulièrement basse. On croirait voir le graphique de l’EUR/DKK (couronne danoise, officiellement pegguée à l’euro) !

 

 

 

 

Et comme souvent, le calme précède toujours la tempête. Une faible volatilité précède toujours avant une hausse fulgurante de la volatilité.

 

Cela signifie en gros deux choses, soit les spéculateurs gagnent et forcent la BNS de lâcher sa barrière, et là, la paire va plonger de plusieurs centaines de pips d’un seul coup. Soit la BNS parvient à maintenir sa barrière, la crise grecque se tasse, et la paire EUR/CHF va grimper quelques temps. Comme tout le monde est déjà à l’achat, le mouvement risque d’être moins violent, à moins bien sûr que la BNS (éventuellement en conjonction avec d’autres banques centrales) en profite pour remettre une couche et provoqué ainsi un mouvement violent.

 

Il se peut également que, pour « nettoyer le marché, la BNS laisse craquer volontairement son seuil de 1.20, avant d’intervenir. Comme ça, tout le monde sera pris à contrepied, à la fois les baissiers et les haussiers.

 

Pour tout vous dire, il y a un autre argument pour donner la mesure du mouvement violent qui pourrait se produire sous peu, mon courtier m’a envoyé ça cette nuit:

 

 

Cher Trader,

 

 

Mon courtier vous informe que nous allons augmenter la marge requise sur la paire EURCHF. A partir du Vendredi 25 Mai 2012 (19:00 CET), l’exigence de marge pour cette paire de devise sera augmentée de 100%. Avec ces nouvelles conditions, un compte possédant par exemple un levier de 1:200 nécessitera une marge de 1000 EUR pour ouvrir une position de 1 lot sur l’EURCHF, au lieu des 500 EUR précédemment.

 

 

Veuillez donc vérifier vos positions sur l’EURCHF si vous en avez, en tenant compte de l’effet que ce changement pourrait avoir sur votre niveau de marge requise ainsi que sur votre niveau de trade out.

 

 

 

Une augmentation de 100% de la marge n’est pas une chose courante, et encore moins sur une paire majeure !

 

Que devrait faire l’investisseur particulier ?

 

 

- quand on ne sait pas, on ne fait pas. Autrement dit, il y a assez de paires sur le Forex pour éviter de vous préoccuper de l’EUR/CHF. Tenez-vous à l’écart.

 

- si vraiment vous voulez trader cette paire, prenez bien conscience, qu’à moins d’avoir des stop garantis à 100% (et en lisant vos conditions générales, vous verrez que l’immense majorité des courtiers proposent des stop garantis à 100% seulement pendant les conditions de marchés normales. Autrement dit, ils ne garantissent rien du tout.), je vous conseille vivement d’utiliser très peu de levier et de prendre en compte un slippage très important de vos ordres. De plus, veillez, une fois de plus, à placer vos trades avec un rapport gain/risque très correct. Par exemple, personnellement, je joue avec un levier ridicule (1/5ème environ, non pas 5, mais bien 1/5ème, autrement dit, je ne risque presque rien) plus pour voir le comportement de mon courtier en cas de fort mouvement que pour espérer un gain (mais j’ai tout de même un rapport gain/risque de près de 10, chaque sous est un sous!).

 

Bon trades, et oubliez la Suisse (ou alors pour ses chocolats et ses montagnes) quelques temps !

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4 commentaires

  • Lien vers le commentaire balthazar jeudi, 24 mai 2012 23:24 Posté par balthazar

    Et si en fin de compte l'euro ne devait jamais remonter (donc si les economies des PIGGS+France ne devaient jamais remonter), la BNS fera une croix sur son stock d'euros (qui ne vaudra plus grand chose) et laissera le FS filer à la hausse.

  • Lien vers le commentaire balthazar jeudi, 24 mai 2012 23:08 Posté par balthazar

    Peut etre que la BNS n'est pas si stupide qu'en apparence.
    Le FS s'apprecie parce que les autres monnaies se dévaluent pour des raisons de fond et lutter contre cela est effectivement idiot car c'est vain et même contreproductif.
    Mais il y a aussi une cause plus conjoncturelle : la fuite des capitaux grecs, espagnols, italiens, français ...
    Cela, est probablement temporaire. En effet, meme si ça peut prendre dix années à se régler, une fois que ces pays accepteront de raisonner avec la réalité de l'économie plutot qu'avec des escroqueries intellectuelles, ces capitaux ressortiront de Suisse pour se réinvestir dans ces pays qui auront recouvré la raison.
    En attendant ce deuxième phénomène n'est pas du à un véritable rehaussement économique de la Suisse, mais plutot à un abaissement de celui de ses voisins et cela lui porte préjudice car il ne traduit pas la réalité economique de la Suisse mais celle de ses voisins. Elle peut y perdre dans un sens et dans l'autre : perte de compétitivité monétaire brutale du fait de la déflation induite par la recherche du FS, puis inflation lorsque les FS sont moins recherchés (pour au final revenir au point de départ). Meme si on finit toujours par retrouver un point d'équilibre au final, ces variations peuvent etre préjudiciables entre temps car trop brutales pour un petit pays comme la Suisse.
    Et de toute façon, ce que fait la BNS ne lui coute strictement rien (elle paie les euros stockés à partir de rien) et elle pourra décider à tout moment de racheter ses FS contre des euros. Il y a donc un risque nul (... sauf si elle se mettait à jouer avec les euros stockés auquel cas je deviendrais très critique car là, la BNS prendrait le risque de perdre les euros nécessaires au rachat des FS qui se baladent).