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Charles Dereeper - Forex - Interview 6 : +339% pour « Tomixx » l’intuitif

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(article du 18 juillet 2010)

La progression

« Tomixx », de son vrai nom, Thomas JEGU, a découvert le Forex grâce au magazine Capital. Il s’est inscrit à la première édition du concours début 2005 : il a perdu 100% ! Motivé néanmoins par les marchés financiers, il s’entraîne et se forme… jusqu’à sa participation à la deuxième édition du concours. Bilan final : +40% !

A la suite de cette deuxième expérience plus positive, il a poursuivi ses efforts de compréhension et formation. Un travail de longue haleine qui a fini par payer puisque, pour sa troisième session, il a été récompensé avec un score plus qu’excellent de 339% de gains !

Au cours de sa période d’apprentissage qui a duré plus d’un an (et qui se poursuit toujours), il a essayé et exploré de nombreuses méthodes et stratégies d’investissement, essentiellement à base d’analyse technique. Il a lu des livres, des sites internet et observé les forums.

 

Les points-clés

« Au départ, je désirais travailler à très court terme sur du 15, 30 ou 60 minutes en graphique. Je cherchais à capter des hausses ou baisses de 30 pips environ. Mais je suis parvenu au constat que c’était trop dur pour moi, nerveusement parlant. Trop de stress à gérer ! Trop de chaos dans les cours ! »

Il a donc pris un grand virage au bout de quelques trimestres : « j’ai décidé de NE PLUS REFLECHIR en terme d’objectif fixe de pips ou de temps, mais au contraire de m’adapter avec un horizon d’investissement pouvant varier de une séance à deux semaines !  ».

Il a choisi la courbe des prix en échelle de temps 4 heures : « c’est celle qui reflète le mieux la tendance court terme, surtout quand on a un horizon pouvant atteindre deux semaines ».

Pour la réalisation de ses prises de position, il a complété avec les graphiques en 10 minutes : « en effet, il y a des choses qu’on ne voit pas sur les graphiques 4 heures. Les graphiques 10 minutes m’aident à éviter certains pièges ».

 

La manière dont il procède pour acheter ou vendre

Il commence par imprimer les graphiques des cours sur papier, en utilisant deux formes de représentation : la première est celle des chandeliers japonais.

Voici à quoi ressemble un graphique en échelle de temps 4 heures avec des chandeliers. Si vous ne maîtrisez pas ces figures, il existe des livres dédiés à leur compréhension. Je vais citer celui d’un éditeur concurrent (soyons fair play…) à savoir l’auteur Steve Nison chez Valor Editions, dont l’ouvrage donne un bon aperçu pour une découverte du sujet. Les lecteurs qui souhaitent approfondir le côté subjectif de l’interprétation des configurations pourront lire le livre « confidences d’un trader » de Sylvain Duport, éditions Edouard Valys (allez un peu de pub pour moi…), livre qui met en lumière une manière parmi d’autres d’employer ces techniques.

Mais revenons à Thomas JEGU. La deuxième impression de ses graphiques se fait en simples cours de clôtures. Voici ci-dessous, le même graphique que le précédent adapté à cette méthode de représentation :

Je prends bien le temps de présenter ces différences, non pas pour faire du remplissage comme certains lecteurs l’ont écrit sur un site internet une fois (en oubliant que de nombreux lecteurs peuvent être en train de découvrir intégralement la bourse en achetant certains types de livres de trading), mais Thomas a une approche qui en découle fondamentalement. En effet, il utilise énormément l’intuition humaine, notamment à travers une approche purement visuelle. Vous allez comprendre.

Concrètement, les chandeliers japonais lui servent à repérer des configurations techniques et à lui donner des signaux techniques à cout terme. En revanche, les graphiques en clôture lui servent à stimuler son imagination en matière de tendance à venir.

Il est bien difficile de faire passer à travers les mots d’un livre ce qu’il m’a raconté au téléphone, chacun d’entre nous étant devant des graphiques sur écrans, lui, m’expliquant en direct comment il fonctionnait. Je vais tenter ici de reproduire son approche de manière imagée.

 

A chaque graphique, une fonction !

En écoutant ses propos, je me suis aperçu qu’une personne qui regardait un graphique en chandeliers japonais avait l’œil attiré par les formes des bougies. La réaction étant, en conséquence, conditionnée, il restait peu d’espace pour réfléchir au sens de la tendance en elle-même.

Exemple d’un dialogue intérieur d’un cerveau humain en train de regarder un graphique : « tiens, il y a une très grosse bougie blanche à cet endroit qui a donné lieu à une congestion ». Ou encore : « tiens, après la hausse ici, je vois un doji, tout en haut ».

Pour contrer cette partie analytique de l’esprit humain, Thomas JEGU prend des graphiques en clôtures, les imprime et… laisse aller son imagination en dessinant ce que pourrait être les marchés à horizon deux semaines. Sans a priori, ni aucune réflexion.

Reprenons le même graphique que celui de la page précédente : il s’agit de l’EUR/USD en juillet-début août 2006.

Cette devise est en pleine hausse depuis plusieurs semaines. Imaginons qu’une intuition visuelle de Thomas lui fasse voir une pause dans une tendance à l’horizontal. Il va donc dessiner sur son graphique ce que j’ai reproduit ci-dessus.

Ce dont il faut se souvenir, c’est que le graphique des cours à base de clôtures, favorise la perception des tendances. En fait, je devrais employer le terme de vision. Thomas JEGU démarre son analyse des marchés en cherchant dans sa cervelle, des visions possibles du futur. Et il les dessine.

Ensuite, dans un second temps, il passe en phase analytique et intellectuelle. Il dessine - comme tout le monde - des supports et des résistances bien visibles, des points pivots. Il recherche les moments-clés et traque les configurations des chandeliers japonais.

« Je regarde en fait ce que tout le monde cherche à voir. C’est bon à savoir car cela me donne une indication sur ce que les autres intervenants peuvent faire. Je peux également évaluer leurs réactions. Par exemple, si une résistance majeure lâche et que la hausse est limitée derrière, en sachant que j’ai des signaux d’essouflement sur les bougies, j’emboîte ces informations avec ma vision initiale de la tendance et j’obtiens des informations pertinentes pour mes opérations ».

 

La principale stratégie graphique

Au niveau graphique, « Tomixx » utilise beaucoup les configurations en forme de la lettre U.

Pour l’aspect visuel, les graphiques en cours de clôture se révèlent, là également, « plus parlant » que les bar chats ou chandeliers japonais.

 

Ce graphique représente l’EUR/USD en échelle de temps 4 heures. Tout à gauche, on voit une tendance haussière. Puis, la devise corrige pendant quelques temps avant de remonter, dessinant l’équivalent de la lettre « U », que j’ai tracée en caractère gras.

Si vous prenez un graphique sur plusieurs semaines, pendant les périodes de tendance, vous ne pourrez pas manquer d’apercevoir des « U ».

Vient ensuite la gestion des « U ». J’ai beaucoup questionné « Tomixx » afin de tenter d’en tirer un protocole, car lorsqu’un intervenant utilise massivement son intuition (son instinct, son feeling, ses sensations… peu importe le vocabulaire) pour jouer, il est bien compliqué de pouvoir dupliquer la méthode ! Le principe de base de « Tomixx » peut s’apparenter à la logique du swing trading. Il s’agit, en effet, d’acheter sur accélération haussière après une correction intermédiaire, dans une tendance de fond.

« ETAPE NUMERO 1 : il faut attendre un point de confirmation pour rentrer à la hausse »

Reprenons l’exemple précédent et grossissons-le encore pour comprendre ce que sont les enjeux induits par la phrase de « Tomixx ».

Résumons : vous constatez une tendance haussière sur un graphique, suivie par une correction baissière mineure.

Au milieu de cette correction baissière, une pause intervient, matérialisé par une congestion horizontale.

Peut être est-ce le point bas, peut être ne l’est-ce pas… votre instinct vous l’affirme ou non.

Quoiqu’il en soit, conviction ou non, « Tomixx » dit qu’il faut attendre une première accélération haussière pour acheter, une sorte de confirmation que la hausse est bien réenclenchée, que la correction baissière mineure est terminée et que le retour de la tendance haussière initiale est bien là.

Dans l’exemple précédent, j’ai dessiné un trait pour marquer un même seuil après deux corrections mineures se terminant par une congestion horizontale.

Ce seuil représente une hausse de 30 pips calculée à partir du point haut de la congestion. Rappelons ici que nous avons toujours affaire aux graphiques constitués de cours de clôture sur une échelle de temps 4 heures.

On voit bien sur l’exemple que le premier départ à la hausse est trop faible pour atteindre le seuil et ne confirme donc pas la reprise de la tendance haussière. Tandis que le deuxième départ est nettement plus puissant.

Attention, j’ai pris 30 pips au dessus du plus haut, de manière subjective. Il s’agit juste d’un exemple destiné à illustrer un principe de fonctionnement subjectif et non d’une règle suivie par Thomas JEGU.

Ensuite, que dit « Tomixx » ?

« ETAPE NUMERO 2 : il faut déterminer un objectif de renfort afin de pyramider les gains et de monter jusqu’à l’effet de levier maximal »

Restons dans l’exemple des précédentes pages et suivont pas à pas l’opération type de « Tomixx ».

Une fois que la première accélération est confirmée, il faut remettre une couche. C’est toujours délicat à faire sur un plan psychologique.

En effet, en ayant initié une première position qui se met à gagner de l’argent, le réflexe de bon nombre de personnes est de revendre et d’encaisser le gain.

Pourtant, c’est un trait commun à de nombreux grands traders : ils font l’inverse. Au lieu de prendre leurs bénéfices, ils pyramident en remettant une nouvelle couche à l’achat pour augmenter la taille de leur position, car ils pressentent qu’ils sont sur un bon coup ! Autant dire qu’il faut disposer, à la base, d’une bonne dose de résistance à l’avidité qui ne manque jamais de se manifester à ce moment précis.

A quel endroit précisément Thomas entre-t-il sa deuxième couche ? Il n’a pas de réponse. Il se contente de dire qu’il a besoin d’une forte conviction initiale quant à la poursuite de la tendance haussière. Auquel cas, il se retrouve à jouer un retour vers le précédent point haut, ce qui marque également la fin de la constitution de la configuration de la lettre « U ».

Sur le graphique de la page précédente, j’ai marqué ce point par le titre : « retour sur l’ancien top ».

Ce deuxième achat de renfort se fait donc dans la remontée vers le sommet. Une configuration particulièrement acheteuse sur les bougies japonaises ou un environnement graphique favorable sur l’échelle 10 minutes pourront constituer autant de points d’entrée.

« ETAPE NUMERO 3 : fixer un objectif de revente non risqué »

Quand le U se réalise et que les cours reviennent donc au niveau de l’ancien sommet, il est temps de placer un stop pour protéger la position et les gains latents.

« ETAPE NUMERO 4 : il faut prendre ses bénéfices car la tendance va prendre fin »

Thomas JEGU allège en fonction du comportement du marché lorsque les cours dépassent le « U » et réalisent une extension de hausse.

« Très souvent, l’EUR/USD accélère d’une cinquantaine de pips avant de redescendre derrière ».

 

Quand un "U" se transforme en "M" 

« Au niveau des stops, j’ai tout essayé, sans succès : à chaque fois, je me fais couper de manière non appropriée. Si je place un stop trop court, il m’arrive souvent de me faire sortir juste avant que la devise parte dans mon sens. Avec un stop un peu moins proche, j’obtiens souvent le même résultat. Bref, je place donc désormais des stops très larges »

Que signifie un stop large ?

« J’ai tort si la courbe de prix va là », puis face à mon désarroi, Thomas finit par formaliser un peu plus sa technique.

« Si le « U » se transforme en « M », mon scénario est invalidé et je dois couper. »

Reprenons une séquence de l’EUR/USD en échelle de temps 4 heures. Voici deux « U » successifs.

Décomposons la formation du deuxième « U ». Normalement, après la branche droite du « U » doit arriver une extension de tendance.

Ici, les cours ne parviennent pas à poursuivre le cycle habituel et se retournent à la baisse. Le bras droit du « U » est inférieur au bras gauche.

C’est à ce moment-là que le « U » peut se transformer en « M ». Au lieu de poursuivre sa remontée et d’étendre la tendance haussière, les cours se retournent à la baisse, revenant à la base du « U ».

On voit bien que les cours ont dessiné un « M ». Ce « M » débouche sur une tendance baissière.

Pour éviter ce risque majeur, Thomas cherche à couper sa position en perte au moment de la redescente, au niveau du bras droit du « M ». Dans son fonctionnement, le « M » correspond à un échec de la réalisation de l’étape numéro 3, présentée dans les pages précédentes.

 

Ce que j'en pense

Thomas pratique une approche purement visuelle, très originale et très simple, des graphiques.

Il accompagne les tendances d’une analyse des news.

« Si j’ai la vision d’une grosse tendance haussière à venir alors qu’aucune news n’est annoncée, je me remets en cause, car les news sont le carburant des tendances sur le Forex »

Il est difficile de reproduire les visions intuitives qu’il a, mais son concept de « U » et de « M » est en revanche très accessible. Chacun peut le mettre en œuvre. Il est historiquement assez efficace. Par expérience personnelle, les actions se prêtent moins bien à ces figures chartistes, car le niveau de volatilité est trop élevé. Alors que le Forex est un excellent support.

Dès que les devises arrêtent de congestionner à l’horizontal et qu’une tendance se met en route, les « U » et les « M » se succèdent avec une très belle régularité.

 

Je vous recommande donc vivement d’apprendre à les reconnaître. C’est un très bon outil. Je les utilise sur l’échelle de temps 1 minute et 5 minutes à titre personnel (à lire sur ce sujet, le dernier portrait de ce livre).

 

 Charles DEREEPER



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L'auteur
Charles DEREEPER

Rédacteur, éditeur, entrepreneur, trader...

L’intégralité de mes articles est publiée sur Objectifeco à cette adresse : http://www.objectifeco.com/auteur/c... que je considère comme mon blog perso.

Je vis en fonction de l’intuition, du coeur et de la possibilité de mourir à chaque instant.

Je mets à la poubelle la culture chrétienne, ce que m’ont raconté mes profs ou mes parents et toutes les âneries que l’Etat français a tenté de m’imposer pour me tenir en laisse...

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