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Charles Dereeper - Forex - Interview 5 : Quentin, +114% en un mois

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(article du 18 juillet 2010)

 Le mauvais souvenir

Ce joueur a découvert la Bourse en pleins marchés baissiers, vers 2002. Impatient, il s’est lancé sans aucune connaissance, ni formation, ni visibilité. Il a jeté son dévolu sur Alstom. Il disposait au départ d’un capital de 25.000 euros.

Alstom a lancé un profit warning. A ce moment-là, il ne savait même pas ce qu’était un profit warning… La valeur s’est effondrée. Les pertes ont grimpé. Il a moyenné à la baisse pour tenter de diminuer son prix de revient à l’achat. Et ses pertes ont augmenté jusqu’à atteindre 20.000 euros. Il n’a pas vendu et a conservé cette position, bloquant son compte pour plusieurs années. Ce qui ne l’a pas empêché de s’entraîner à blanc depuis !

 

Sa découverte du Forex

Grâce au mensuel Capital, il a découvert le jeu Forex et s’est inscrit aux deux éditions. Au cours de la session de fin 2005 il a réalisé une quarantaine d’opérations, parvenant alors à faire progresser son compte de +114% en un mois.

 

Sa manière de jouer

Il est fondamentalement convaincu par l’analyse technique :

« Les investisseurs particuliers n’ont pas trop accès à l’analyse fondamentale. Cette dernière requiert beaucoup de subjectivité au niveau de son interprétation. Effets d’annonces, rumeurs, il faut savoir décrypter ! Au contraire, l’analyse technique présente le gros avantage de placer tout le monde sur un pied d’égalité. Les signaux donnés par cette approche sont indiscutables. »

« Il me paraît clair que certains intervenants ont le pouvoir de faire bouger les cours. Je ne sais pas ce qu’ils ont dans la tête. Je n’y accède pas. Cela ne sert donc à rien de tenter d’analyser le « pourquoi du comment ». Je préfère adopter la stratégie du suiveur en tentant de me mettre dans le sens du vent de ceux qui poussent les cours. »

Il ne suit pas les cours en temps réel et intervient à l’avance.

« Généralement, je passe mes ordres le matin avant de partir au travail. J’ai une target au niveau des profits et je place un stop. Cette manière de fonctionner me permet de ne pas subir le stress du suivi des cours. »

« Attention, il est très important de placer des stops larges. Si j’achète l’euro/USD à 1,20 en plaçant un stop à 1,1960. Il est tout à fait possible que les cours descendent sous 1,1960 avant de monter vers 1,2050 le soir quand je rentre du travail. Bilan, je suis stoppé au lieu de gagner. Je considère donc que la fonction principale du stop est d’éviter de « sauter » avec une énorme perte. Je le place à 100 pips. Ce qui permet à mes positions de vivre sans être débouclée prématurément. »

 

Mon commentaire sur cette approche du stop

Ce joueur a bénéficié d’un environnement particulier au moment du concours. L’euro/USD a en effet piétiné tout au long de la période. Le danger était donc minime à laisser vivre des positions en stop large de protection puisqu’aucune vraie tendance n’était en mesure de menacer durablement les seuils d’entrée, que ce soit à l’achat ou à la vente. Le ping-pong du quotidien lui a donc été favorable, les hésitations et va-et-vient offrant en permanence la possibilité de s’en tirer.

Le graphique de la page suivante retrace cette période de range.

Attention, il est impossible de deviner à l’avance quand les marchés se retrouvent en phase de tendance et quand ces derniers se stabilisent en range horizontal. Tous les indicateurs techniques qui tentent d’identifier ces deux modes opposés ont besoin de temps pour lancer des signaux. Ils agissent avec retard. Il en va de même des intervenants intuitifs. Le passage du mode tendance en mode range et inversement ne se repère qu’après un laps de temps. Il est donc clair qu’un intervenant qui adopte une stratégie adaptée au mode range (avec des stops larges par exemple) a toutes les chances de se faire punir au moment où le mode tendance revient. S’il a suffisamment gagné auparavant en mode range, il n’est pas très grave de recracher un peu de gains au moment où les marchés changent, mais il est important d’avoir bien conscience de la présence de ces deux types de marchés. Si un tendance s’enclenche, il faut savoir rapidement arrêter l’approche de range et ne pas insister ! Car, contrer une tendance de fond peut se révéler tout simplement fatal ! C’est un jeu dangereux qu’il faut éviter…

Ce phénomène explique d’ailleurs en partie pourquoi certains joueurs finissent parmi les meilleurs un mois et se retrouvent éliminés le mois suivant. Bien souvent, ils ont, en fait, profité d’un mode range et n’ont pas saisi ensuite que le mode range s’arrêtait pour laisser place au mode tendance. En une ou deux opérations les pertes explosent et les poussent en dehors de la compétition.

 

Les outils de market timing

Ce joueur a choisi l’échelle de temps 4 heures :

« Elle est pratique puisque le Forex cote 24h/24. Cela permet d’obtenir 6 barres de 4 heures par tranche de 24 heures. En outre, en tant qu’être humain, nous sommes condamnés à dormir chaque nuit… Une nuit de 8 heures ne représente que deux barres ! »

« De plus, je trouve qu’il s’agit d’un bon compromis pour capter des opérations de quelques dizaines de pips. Mon objectif personnel est d’attraper des gains de 30 à 50 pips. »

Il complète l’horizon 4 heures avec une approche en format quotidien et, de temps en temps, avec un horizon 30 minutes.

« J’empile, en fait, les signaux au niveau de ces trois échelles de temps. Par moments les mouvements sont très intéressants quand les tendances sont en phase les unes avec les autres ».

Au niveau des indicateurs il a choisi des outils basiques, à savoir : le MACD et les stochastiques.

« Sur le MACD, je regarde le croisement de la ligne 0. S’il passe au-dessus de 0 je suis acheteur, et vendeur lorsque l’indicateur repasse sous 0. »

Le MACD est un bon indicateur de suivi de tendance, à condition qu’il y en ait une… comme ici sur l’euro/USD en avril et mai 2006.

En période de range (mai 2006 sur euro/USD), le suivi de tendance à partir du MACD est catastrophique. A chaque achat indiqué, l’euro/USD baisse. Et inversement, à chaque vente, la devise grimpe…

A côté de ce premier outil pour déterminer la tendance, la stochastique complète le dispositif.

Dans cet exemple, il s’agit d’une stochastique (5,3,5). Ce joueur a désiré conserver secrets les paramètres qu’il utilisait.

Si nous récapitulons la stratégie de base, nous constatons que la tendance doit être haussière sur MACD, donc au dessus de la ligne 0. Et, en outre, que la stochastique ne doit pas être dans la zone de surachat mais plutôt dans la zone de survente.

Nous sommes en plein dans la logique du swing trading, comme le montre l’exemple ci-dessous avec les deux indicateurs.

 

Mon commentaire

Le témoignage de ce joueur est très riche, car il soulève de nombreuses questions intéressantes sur un plan technique. Commençons par le mixage des deux indicateurs MACD et Stochastique. 

Dans l’exemple de la page précédente, nous avons une situation de tendance sur l’euro/USD qui dure plusieurs semaines. Les stochastiques identifient quatre corrections à la baisse qui offrent une excellente opportunité d’achat. Mais, il faut bien avoir conscience qu’à ce petit jeu de l’achat en swing trading, il arrive un moment où la tendance haussière s’arrête. Et un achat sur une petite correction baissière se retrouve tout en haut d’une vague de baisse au lieu d’être « un excellent point d’achat »…

Toute la question de la rentabilité dépend, en réalité, de la répétition successive de la séquence ci-dessus, car nous savons désormais qu’au final, après plusieurs opérations de la même logique, il y aura une perte !

Ci-dessus la séquence type clairement identifiée sur un exemple réel.

Reprenons l’exemple précédent. La séquence donne lieu à un premier gain. Mais que se passe-t-il lors du deuxième signal ?

Cette fois-ci, la tendance haussière n’est pas repartie à la hausse. Le marché s’est en réalité retourné à la baisse. Le MACD a quitté relativement tôt la zone d’achat pour passer en zone de vente, limitant ainsi la taille des pertes. Mais il n’en est pas toujours ainsi. Il arrive que la taille de la perte soit équivalente à la taille du gain précédent.

Cette stratégie n’est donc financièrement intéressante qu’à la condition que la séquence avec issue positive se répète au moins deux fois de suite, avant un échec.

Malgré ce point plutôt négatif, j’ai conservé cette stratégie qui a lancé des signaux, notamment dans le range du mois de juin 2006, soit six mois après l’interview. Elle s’en est sortie honorablement.

Car paradoxalement, on pourrait penser qu’un marché en situation de trading range est sa bête noire puisque l’efficacité dépend de la présence d’une tendance suffisamment longue pour qu’il y ait au moins deux corrections intermédiaires qui donnent lieu à une reprise de la tendance principale.

En réalité, c’est faux. Le couple MACD / Stochastique fonctionne pas mal et filtre nombre de faux signaux en trading range. Ou du moins, s’il ne gagne pas d’argent, les indications d’achat et de vente permettent « de retomber sur ses pieds sans gros bobos… »

Néanmoins, il importe d’utiliser un filtre de précaution : il ne faut PAS jouer une petite correction immédiatement après que le MACD vient de changer de territoire, passant par exemple du mode vendeur en mode acheteur. Ou inversement, comme dans l’exemple qui suit.

Je pense, après observations, qu’il est vraiment préférable d’attendre entre cinq et six barres avant de jouer un petit contre en swing trading.

Autre observation, il faut se méfier des pertes. Elles atteignent rapidement 100 pips avant d’avoir le signal qui confirme l’échec de la stratégie. Il faut donc veiller à capter des mouvements d’au moins 100 pips de gains.

Le mot de la fin revient à notre joueur, auteur de cette technique :

« La leçon que j’ai apprise, c’est qu’il ne faut pas trembler pour appliquer une stratégie. En effet, si un signal d’achat se déclenche alors que l’euro/USD chute depuis deux jours de 200 pips, certes la raison exige un achat, mais la tête et le cœur ne suivent pas toujours. Ils bloquent, par peur ! »

J’ai trouvé cette observation oh ! combien sympathique et si respectueuse vis-à-vis de la difficulté humaine à trader les marchés, qui exige toujours de nous des comportements complètement inverses à ceux de notre nature…

Au moment de boucler ce livre en septembre 2006, trois nouveaux signaux ont eu récemment lieu, se terminant chacun par de très beaux gains. C’est décidément un bon indicateur, simple et efficace ! A surveiller en permanence.

 

 Charles DEREEPER



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L'auteur
Charles DEREEPER

Rédacteur, éditeur, entrepreneur, trader...

L’intégralité de mes articles est publiée sur Objectifeco à cette adresse : http://www.objectifeco.com/auteur/c... que je considère comme mon blog perso.

Je vis en fonction de l’intuition, du coeur et de la possibilité de mourir à chaque instant.

Je mets à la poubelle la culture chrétienne, ce que m’ont raconté mes profs ou mes parents et toutes les âneries que l’Etat français a tenté de m’imposer pour me tenir en laisse...

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