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Jean Christophe Bataille

Jean Christophe Bataille

Je suis le chroniqueur économique et financier : http://futures-trading.fr/

Mes faits d'armes : avoir conseillé d'investir largement sur le marché boursier en mars 2009 alors que le CAC 40 était à 2500 et avoir prévu le délitement actuel des monnaies.

J'anticipe une sortie de la crise actuelle par la stagflation."

promospeciale

L’économie ne va probablement pas repartir comme le croyait Wall Street

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Nombre de commentaires : 1 réaction
La rentrée est l’occasion de réfléchir sur les futures grandes évolutions économiques.

J’ai déjà expliqué que le retard pris pour mettre en place les politiques non conventionnelles en Europe ont étouffé les moteurs de croissance du continent et lui ont fait prendre du retard par rapport aux USA et à l’Angleterre. Les mesures d’austérité devaient rapidement être accompagnées d’un desserrement monétaire sous peine d’être récessives.

Mais les forces déflationnistes en cours un peu partout obéissent à des facteurs plus profonds. Le monde actuel, après les excès monétaires commis depuis 40 ans dans les pays développés, le vieillissement de la population occidentale et l’absence de nouveau gisement de productivité, ne peut s’accommoder de taux d’intérêt élevés. C’est la théorie de la secular stagnation. La force du dollar et les anticipations de hausse des taux en aggravent les effets.

L’économie mondiale serait à nouveau en train de ralentir. Il apparait par exemple que le commerce mondial ne s’accroit pas comme il le faisait lors des précédentes sorties de crise et que les thèses de Larry Summers pourraient s’avérer exactes, au moins à court terme.
CommercemondialSource http://philippewaechter.nam.natixis.com/2015/07/22/le-graphe-qui-minquiete/

Les ruptures technologiques, comme la robotique ou la médecine génomique, capables de relancer véritablement la croissance par la productivité, avancées par Ben Bernanke, sont plutôt pour après-demain. Il est de plus en plus évident que les banques centrales auront du mal à sortir des politiques accommodantes dans les prochaines années et que les taux vont rester durablement bas. La Bank of China est en train de préparer de nouveaux flux de liquidités à destination des banques et prévoit une diminution de leur ratio de solvabilité.

Après avoir tradé la hausse du dollar et la sortie de crise tonitruante avancée par les gourous de Wall Street, il est peut être temps de se positionner sur une possibilité évolutive moins bruyante. Je dis toujours que pour spéculer, il faut suivre une idée qui va être partagée par le plus grand nombre, qu’elle soit bonne ou mauvaise. Quelle est cette prochaine idée ? C’est probablement celle de la secular stagnation.

J’évoque l’importance de maintenir ouvertes les vannes monétaires tant que ce sera nécessaire depuis longtemps. Je reste persuadé, comme tous les financiers des banques centrales, que nous ne sortirons de cette crise que par l’inflation et elle ne se fera qu’à force de création monétaire. La déflation créée par un arrêt de la surproduction de monnaie serait létale pour l’économie mondiale. Les déflationnistes et amateurs de chaos, continuent de penser que couper la production monétaire devrait nous mener au paradis. Que de bêtises ! Toutes les situations déflationnistes de l’histoire ont été catastrophiques et leur résolution n’a pu être obtenue que par l’inflation. Le New deal de Roosevelt n’était pas autre chose que du Quantitative Easing. Il n’y a aucune autre issue supportable pour les populations à la crise de la dette. Faire passer les cibles d’inflation des banques centrales de 2 % à 4 % aurait du sens. Cette théorie avait été avancée par l’ancien président de la Bank of Scotland et ne manquait pas de pertinence. Les dettes souveraines sont irrécouvrables sans dévalorisation monétaire et l’inflation est le seul impôt qui ne soit pas récessif.

Si la situation évoluait vers le maintien d’une expansion monétaire généralisée, l’or devrait à nouveau en être le grand gagnant. Le dollar devrait baisser progressivement contre la plupart des monnaies. Il est toutefois possible que la FED décide, malgré tout, de réaliser une hausse symbolique de ses taux pour garder en crédibilité, mais elle le ferait à un rythme et à un niveau qui, tout en créant beaucoup de volatilité, ne ferait pas monter le dollar plus haut.

La difficulté est de deviner le calendrier de ces mouvements sur les marchés. Il est possible qu’ils aient déjà commencé, mais un reversal à la faveur d’un évènement positif pour l’Amérique est tout à fait possible. Sur le plan du trading, vendre le dollar et acheter l’or doit donc se faire avec prudence. Les divergences d’opinions entre les grands acteurs économiques sur les marchés créent une volatilité considérable qui oblige à positionner des stops très éloignés et à diminuer les volumes pour rester dans la logique des pertes minimales acceptées. Ce n’est pas un problème lorsqu’on sait trader ou s’abstenir de trader, et qu’on pyramide dans les consolidations ou reprises de tendances bien établies. Pour réussir les prochains swings de Futures, je vous conseille comme l’an dernier de réduire fortement les positions unitaires et de les multiplier en scaling au fil des tendances dans les mouvements de repli. L’important est de ne pas sortir de ses positions lorsque la tendance en base hebdomadaire est lancée.

Bons trades !
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1 Commentaire

  • Lien vers le commentaire tartemolle mercredi, 26 août 2015 10:27 Posté par tartemolle

    "Les dettes souveraines sont irrécouvrables sans dévalorisation monétaire et l’inflation est le seul impôt qui ne soit pas récessif."
    Bien voyons! Nouvel éloge de l'inflation pour éviter de traiter les problèmes structurels... Lâcheté quand tu nous tiens.
    Quant au New deal de Roosevelt, renseignez vous, ça a été un échec!