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Philippe RANCOURT : Les conseils d’administration ne peuvent faire de miracles

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(article du 21 avril 2011)

Il est de bon ton dans les médias de blâmer “l’incompétence” des conseils d’administration pour expliquer la déconfiture de nombreuses institutions financières. Au Québec, la Caisse de dépôt et de placement traverse présentement une période difficile où le jugement de son conseil d’administration est fortement remis en question. Selon Yvan Allaire, un ancien membre du conseil de la Caisse, le problème ne réside pas tant dans la qualité de ses membres mais plutôt dans la nature même du concept de “conseil d’administration”. Je le cite :

"Le conseil est un ensemble parfois disparate de personnes aux compétences et aux expériences diverses. Sur tout sujet controversé présenté par la direction, un ou deux membres mieux informés sur la question pourront exprimer des avis contraires ; mais si la grande majorité des membres, moins bien informés, ne comprennent pas leurs arguments et penchent en faveur de la position défendue par la direction, les membres dissidents ne seront pas en mesure d’influer sur les décisions."

Certains cyniques penseront que monsieur Allaire cherche ainsi à se disculper pour son rôle dans les problèmes de la Caisse… À ceux-là, je leur recommande de lire le chapitre “Frozen Coke” de la biographie de Warren Buffett “The Snowball”. L’auteur Alice Schroeder y relate les nombreuses frustrations qu’a connues Buffett sur le conseil de Coca-Cola et son incapacité à influencer la compagnie pour la remettre sur le droit chemin (et ce, malgré son prestige et le fait qu’il était le plus gros actionnaire de Coke). Si Buffett a du mal à influencer Coke, imaginez le membre “moyen” d’un conseil… Toujours selon Yvan Allaire :

"Un postulat de base est que soit le conseil fait confiance au chef de la direction, soit il le limoge."

Tout comme les actionnaires qu’ils sont supposés représenter, les membres d’un c.a. ne peuvent diriger une société à la place de sa direction. Critiquer et remettre en question systématiquement les décisions des dirigeants pourraient conduire à un blocage stérile de la compagnie. En bout de ligne, si un membre du c.a. est profondément en désaccord avec l’orientation de la société et qu’il ne peut influencer ses collègues administrateurs, la meilleure alternative pour lui est probablement de remettre sa démission. Et pour l’actionnaire déçu qui partage l’opinion de l’administrateur démissionnaire, l’alternative est probablement de vendre ses actions et de “passer à autre chose” !

 

Philippe RANCOURT

Article original :

http://www.entrepreneurboursier.com...



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L'auteur
Philippe Rancourt

Auteur canadien de plusieurs blogs. Passionné par les marchés financiers et l’investissement.

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