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Philippe RANCOURT : Les années 30

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(article du 26 avril 2011)

L’endettement élevé des gouvernements et les déficits monstres suscitent bien des craintes en ce moment. Il s’agit sans contredit de la peur numéro un en Bourse et de l’argument le plus souvent invoqué pour justifier une chute prochaine des marchés. Pour beaucoup de gens, il est complètement illogique d’avoir utilisé l’endettement excessif pour combattre une crise causée par… l’endettement excessif ! Selon eux, il aurait mieux valu faire preuve d’austérité et purger le système capitaliste en laissant les entreprises et les individus irresponsables faire faillite.

Ce discours, c’est exactement celui que tenait le Secrétaire du Trésor des États-Unis Andrew Mellon au président Herbert Hoover dans les jours suivant le krach de 1929. Je le cite :

"Liquidons le marché du travail, liquidons les actions, liquidons les fermiers, liquidons l’immobilier… et purgeons le système de sa pourriture."

Malgré ses réticences, le président Hoover finit par suivre les conseils de Mellon, car ils représentaient l’opinion majoritaire de l’époque. Les taux d’intérêts furent donc augmentés et le gouvernement comprima ses dépenses afin d’équilibrer son budget. La hausse des taux d’intérêts avait aussi pour but de protéger les réserves d’or de la Federal Reserve. À cette époque, le dollar US était convertible en or à un prix fixe. Des taux d’intérêts élevés incitaient donc les gens à conserver leurs placements libellés en dollars US plutôt qu’à les convertir en or (et ainsi vider les réserves de la Fed).

Le résultat de cette politique monétaire fut un désastre total ! Dix années de misère et de pauvreté qui marquèrent pour la vie plusieurs générations. L’élection de Franklin D. Roosevelt à la fin de 1932 entraîna un virage à 180 degrés de la politique monétaire, mais les dommages étaient déjà tellement grands qu’il fallut attendre la fin de la décennie (et le début d’une guerre atroce) pour sortir du marasme.

Avec cet éclairage historique, il est très facile de comprendre pourquoi les banquiers centraux de par le monde ont adopté une approche diamétralement opposée à celle de l’administration Hoover. Le président de la Fed, Ben Bernanke (lui-même un expert des années 30), n’allait sûrement pas répéter les mêmes politiques ayant conduit à La Grande Dépression. Une idée répandue veut que l’Homme ne tire jamais de leçons de l’histoire. Heureusement pour nous, ce n’est pas toujours le cas.

 

Philippe RANCOURT

Article original :

http://www.entrepreneurboursier.com...



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Commentaires

Le 26 avril 2011 par : london511

Cependant l’injection massive et continue de liquidités peut aussi avoir des effets néfastes


Le 26 avril 2011 par : patapon22

bonjour,

continuons alors de faire marcher la planche à billet et remettons le désastre à plus tard ? de toute façon la purge aura lieu tot ou tard


Le 26 avril 2011 par : m68k

Et si la politique du Président Hoover avait été la bonne ???

Maurice Allais a démontré que les origines de la crise de 1929 n’était pas dues à un manque de liquidité ou de monnaie comme le suggérait Keynes mais au contraire à une expansion incontrollée du crédit pendant les années 20 !!! Il fallait notamment financer la consommation US de la classe moyenne et même populaire (Ford T, Radio, Réfrigérateurs ...) et apporter des capitaux à l’Allemagne de Weimar pour qu’elle puisse faire face aux réparations de guerre exigées par la France et la GB.

L’expansion incontrollée du crédit US pendant les années 1920 a été également analysée par W. Churchill comme la cause réelle de la crise de 1929 et de la seconde guerre mondiale comme l’atteste ses mémoires (cf le chapitre : the unnecessary war).

De plus, les keynésiens oublient la terrible récession de 1937 qui a annulé les progrès de l’économie US depuis 1933 et remis en cause le bien fondé de la politique de relance de FD Roosevelt sous inspiration "keynesienne".

Aujourd’hui, curieusement les origines de la crise de 2007-2008 sont les mêmes (expansion incontrollée du crédit et de la monnaie sur une durée encore plus longue et sur un montant encore plus extravagant) et 4 ans après (début de la crise des subprimes) l’assainissement n’a toujours pas eu lieu. Sans assainissement des banques (par la faillite) et maintenant des États (par le défaut ou la restructuration), il ne peut y avoir de reprise durable de l’économie et la rechute est inévitable !!!

Le seul moyen de s’en sortir, c’est le désendettement (privé et public). C’est douloureux mais c’est la seule alternative possible.

Aussi le président Hoover, bien que sa politique ait été jugée impopulaire et contraire aux intérêts de Wall-Street de l’époque, a stoppé la spéculation financière et la spirale d’endettement par la hausse des taux d’intérêts et, par ricochet, a favoriser le travail et le développement de l’industrie américaine. Puissance industrielle US sans laquelle la victoire de 1945 n’aurait été possible et qui a permis la formidable prospérité des trentes glorieuses dans tout l’Occident.

Merci M. Hoover.


Le 27 avril 2011 par : laloose

Et surtout un grand merci à vous "m68k", pour oser rappeler l’Histoire telle qu’elle fut écrite et non pas celle que certains ici voudraient réécrire à leur image et je vous félicite une nouvelle fois de vous inscrire en faux contre ces piètres tentatives de falsification.

Il est de notoriété malheureusement non publique que le bon "Docteur" Bernanke (appelé ainsi en vertu d’un Doctorat qu’il s’est (presque) auto-attribué en raison de ses "grandes" connaissances de la crise des années trente) a passé les vingt dernières années de sa pitoyable existence à "réécrire" les causes profondes de la grande dépression pour mieux coller à sa vision dogmatique et idéalisée des choses et de la monnaie en particulier...

Son discours majeur et presque fondateur (la Grande Dépression : comment être sûr de ne pas la revivre) vous donne une petite idée des certitudes dont est pétri le bonhomme et du haut degré d’estime qu’il a de sa petite personne... et puis franchement, de vous à moi, que penser d’un pauvre type qui se gargarise de pouvoir larguer des dollars par hélicoptère si nécessaire ??? Est-ce que c’est le discours qu’on attend d’un mec qui est tout bonnement le banquier central de la monnaie de réserve mondiale ??? Et après tout, si ce monsieur n’était pas juste qu’un pauvre abruti tout juste un peu plus intelligent qu’un autre Idiot Notoire celui-là nommé Alan Greenspan, lequel aurait bien mieux fait de continuer à jouer du saxo plutôt que de s’essayer au pipo de la FED ???

Heureusement qu’on a eu des Economistes de la trempe de John Kenneth Galbraith (pour n’en citer qu’un seul) pour nous parler de la crise de 1929 telle qu’ils l’ont vécue et non pas telle que l’ont rêvé certains économistes de pacotille ou de salon (au choix) qui voudraient réécrire l’histoire pour mieux coller à leurs théories fumeuses et dogmatiques au possible comme le font Bernanke et autres "Chicago Boys" sans oublier bien sûr les éternelles et immortelles crapulasses Keynésiennes...

Le rideau tombera sur cette masse d’incompétence et d’ignorance crasse réunie dans ces aréopages et ces petites chaires et autres petits clubs de pensée mâtinés d’intérêts privés mal assumés qui ne sont plus là que pour voler les éléments du décor - unique justification - d’une farce qu’eux seuls trouvent encore intérêt à produire devant nos yeux médusés par une telle folie revendiquée haut et fort et proclamée jusqu’à la nausée...

Car ce qui aurait du être sera et ce qui ne peut être ne sera pas...

Tenter n’est pas Réussir, Vouloir n’est pas Avoir, Dire n’est pas Faire et accessoirement les vessies n’ont pas toujours fait de bonnes lanternes (... à part chez un Bernanke Obscurantiste manifestement fâché avec certaines "lumières")...

Et donc prétendre vaincre la Déflation en créant de l’Inflation tout en mettant tout le monde à la porte et en baissant les salaires de tout ceux qu’on a pas réussi à virer, ne va peut-être pas suffire par le seul pouvoir du Verbe à faire que la Volonté nue triomphe... car Vouloir n’est pas Avoir et Essayer n’est pas Triompher... à part peut-être au Royaume de Bisounours Ier...


L'auteur
Philippe Rancourt

Auteur canadien de plusieurs blogs. Passionné par les marchés financiers et l’investissement.

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