Jérôme Werlen : La capture de dividendes
Il existe une tactique un peu contre nature pour jouer avec les dividendes. L’idée c’est d’acheter un titre juste pour percevoir la rétribution, puis de le revendre quelques jours plus tard. C’est paradoxal puisque le dividende représente une part du bénéfice versée aux actionnaires, en récompense du capital qu’ils ont investi dans la société. Capturer des dividendes, c’est donc comme « manger » un peu du bénéfice de la société sans être invité au repas. Mais est-ce que cette stratégie en vaut vraiment la peine ?
Rappelons d’abord brièvement ce qu’est la date ex-dividende. Si vous achetez des actions à partir de la date ex-dividende, elles se négocient sans les dividendes. Vous devrez passer un tour et attendre la prochaine distribution. A contrario, si vous achetez une action versant un dividende avant la date ex-dividende, vous toucherez la précieuse manne immédiatement.
Les investisseurs à long terme ne se focalisent pas trop sur cette date « ex ». Par contre, les investisseurs employant la stratégie de capture de dividendes achètent un titre versant des dividendes élevés, reçoivent leur part du paiement, et vendent ensuite les actions, quelques jours après la date ex-dividende.
Dividendinvestor (lien non sponsorisé), vous propose carrément un outil payant sous la forme d’un calendrier vous permettant de choisir parmi plusieurs titres en fonction d’une date choisie. Vous déterminez le montant investi et il vous donne le gain escompté en dividendes, selon le rendement offert par les titres. Cela paraît tellement facile, non ?
Mais les stratégies de capture des dividendes ont peu de chance de créer une valeur économique durable, et entraînent en plus le paiement de frais transactionnels élevés. Il faut noter par ailleurs que le cours de l’action monte durant les jours qui précèdent la date ex, puis chute juste après, annulant toute forme de gain potentiel par capture. On dit alors que le dividende est déjà compris dans le cours. Il faut donc attendre que l’action remonte à nouveau au prix où elle a été achetée, avant de la vendre.
Au final, le chasseur de dividendes peut rester exposé quelques semaines sur ce titre, ce qui risque de se retourner rapidement contre lui en cas de baisse du cours. Ces facteurs font de la stratégie de capture de dividendes un jeu difficile à jouer.passé.
Jérôme Werlen
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Le 8 février 2012 par : Fredo
Ou il s’agit d’un article bâclé et mal expliqué ou l’auteur n’a même pas compris que le principe de base du détachement du coupon ou du dividende.
Cette phrase m’interpelle : "Il faut noter par ailleurs que le cours de l’action monte durant les jours qui précèdent la date ex, puis chute juste après, annulant toute forme de gain potentiel par capture"
La chute vient du détachement de coupon : l’action baisse mécaniquement du montant du dividende payé qui correspond à une sortie de cash donc à une baisse de valorisation de la boite. Après la loi de l’offre et de la demande joue son rôle et l’action peut éventuellement remonter (ou pas) comme tous les jours de cotation.
La technique évoquée ici d’acheter juste avant le paiement du dividende pour revendre juste après est juste complétement stupide si on a compris le principe de base...
Le 8 février 2012 par : Jérôme Werlen
c’est précisément ce que j’explique...
Le 8 février 2012 par : Fredo
Donc c’est très mal expliqué (ou je suis pas doué :)
Le 8 février 2012 par : lars nielsen
il serait bien plus juste et facile à mettre en oeuvre avec les moyens informatiques de notre époque que les actionnaires touchent un dividende au prorata du temps de détention des titres dans l’année. Je suis assez étonné que cela ne se fasse pas, ou alors un inconvénient pour les sociétés à ce que cela soit le cas m’échapperait ?
