Comprendre ce qu’est la gestion value quand on n’y connaît rien
Tout chef d’entreprise, à partir des mêmes données chiffrées de l’année, rêve d’établir trois bilans : le premier est le bilan du riche pour les investisseurs, le second est celui du pauvre pour l’administration fiscale et le dernier est le vrai bilan pour l’équipe dirigeante.
Le bilan publié est, la plus part du temps, un compromis entre le premier et le second. Le vrai bilan, lui, est jeté avec la nappe en papier du restaurant dans lequel le dirigeant et l’expert comptable ont déjeuné le jour de la clôture des comptes. C’est la raison pour laquelle il vaut mieux ainsi investir dans une entreprise dont on connaît le bilan que dans cent dont on n’a pas étudié le bilan.
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Je n’aime pas la bourse. Elle m’évoque un marché de village. Les vendeurs gesticulent en hélant le chaland, les acheteurs se bousculent sur les stands à la mode et il faut se méfier des achats impulsifs car tout est fait pour vous faire dépenser de l’argent. Pour quelqu’un qui prétend créer de la valeur, la bourse demeure, à mes yeux, un endroit à éviter.
Pourtant, dans ce marché de village aux couleurs bigarrées, où beaucoup d’articles ne brillent qu'en surface, on trouve parfois des perles, des articles de première nécessité solides et pérennes. Leur valeur intrinsèque est généralement égale à leur prix, sauf dans deux cas : en haute saison quand le temps est beau et que les touristes affluent, et en basse saison lorsque le marché est déserté pour cause de tempête.
Faire ses courses par mauvais temps est ingrat. Il fait froid, les gens sont maussades, les stands s'envolent et vous êtes le seul à faire des courses. Des vendeurs déprimés se débarrassent de leurs articles en vous donnant l’impression que vous leur rendez service.
Mais la valeur d’un bien acheté par temps de pluie est égale à sa valeur par beau temps. En revanche, son prix est différent. Pour celui qui sait parfaitement l’article qu’il veut parce qu’il l’a étudié en profondeur en amont et connaît le « vrai » bilan, là se situe l’opportunité. Là se résume l’essentiel de la philosophie de l’investissement dans la valeur.
