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Small Caps - faire la différence entre redressement conjoncturel et redressement extrême

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Les sociétés dites “en redressement” peuvent s’avérer des investissements très profitables en Bourse… à condition que le redressement réussisse ! Ce type d’investissement “contrarian” est pratiqué par certains investisseurs célèbres tels Peter Lynch. Par contre, de nombreux investisseurs sont carrément allergiques à cette approche. Car si le gain est énorme en cas de succès, le risque d’encaisser une lourde perte est aussi très important.

 

Je crois qu’il faut savoir faire la part des choses entre un redressement et un redressement “extrême”. Lorsqu’on parle de redressement, la plupart des gens ont en tête des cas extrêmes ou une société très mal en point réussie à éviter la faillite (sans diluer massivement ses actionnaires) et retrouve le chemin de la rentabilité. Dans une telle situation, le spéculateur ayant acheté des actions au plus fort de la tempête gagne gros. Le risque de perte est par contre proportionnel au gain et l’opération s’apparente davantage à du gambling qu’à de l’investissement.

 

Il est aussi possible de faire de gros gains en prenant beaucoup moins de risque en misant sur des redressements moins “extrêmes”… Il s’agit de repérer des sociétés au bilan solide et dont les profits nous semblent temporairement déprimés. Cette baisse des profits peut-être dus à la situation économique (récession) ou à des problèmes temporaires au sein de l’entreprise. Dans le cas d’une petite capitalisation, il est probable que ce type de difficultés pousse l’évaluation boursière à un niveau très bas. Les investisseurs ont tendance à être moins patients avec les petites compagnies qui ne livrent pas de bons résultats.

 

La clé d’un tel investissement est d’avoir confiance dans la capacité de la direction à redresser la barre. Il est nettement préférable que les dirigeants aient connus du succès par le passé et que l’entreprise ait un historique décent de rentabilité. Le bilan sain et les attentes peu élevées du marché limitent le risque à la baisse. La moindre bonne nouvelle peut avoir un impact intéressant sur le titre.

 

La société canadienne easyhome est un bon exemple de redressement réussi. La chaîne de location de marchandises a connu beaucoup de succès de 2002 à 2007 mais les deux dernières années furent pénibles en raison de la récession et d’une expansion un peu trop rapide. Devant des résultats financiers décevants, la direction a pris la décision de mettre la pédale douce en matière d’expansion et de se concentrer sur l’amélioration de la rentabilité. Ses efforts ont porté fruit, le dernier trimestre affichant un bénéfice net record. D’un creux de 7$ en mars dernier, le titre a rebondi aux alentours de 12$.

 

Fait à noter, les membres de la direction d’easyhome David Ingram(ceo), David Marries(vp marketing) et Steve Goertz(vp finance) ont tous acheté des actions récemment (à un prix supérieur à 11$). Si le redressement fut payant pour les actionnaires, tout porte à croire que l’après-redressement pourrait aussi s’avérer très intéressant !

 

 

 

Philippe RANCOURT

 

Article original :

 

http://www.entrepreneurboursier.com/2010/10/03/redressement-et-redressement-extreme/

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