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Thierry Seguin

Thierry Seguin

Passionné de trading et d’analyse technique depuis une vingtaine d’années, ma quête a été de développer et utiliser des outils qui me permettent à la fois de réaliser des gains convenables quelles que soient les conditions de marché, en privilégiant avant tout l’absence de pertes et la préservation du capital, tout en ne rendant pas cette activité trop chronophage ou incompatible avec un emploi salarié.

Essentiellement autodidacte, c’est par maintes erreurs et rencontres diverses (allant d’un escroc révélé sur le tard à des traders de talent qui vivaient à 100% de leur activité depuis au moins dix ans comme Dan Norcini, Benoist Rousseau, Gilles Leclerc, Eric Lefort ou Gwénaël Année), et surtout par une prise directe avec les marchés que j’ai pu peaufiner un système, ou plutôt une philosophie permettant de survivre au pire ennemi du trader, à savoir lui-même, avec pour premier objectif de ne plus faire partie de la grosse majorité des « traders » actifs particuliers qui perdent de l’argent.

Ma conviction est que le premier pas pour un apprenti trader souhaitant gagner de l’argent est d’apprendre à ne plus en perdre. Cela parait évident, et pourtant… pour y parvenir, avoir un plan de trade et un bon money management, connaitre ses forces et ses faiblesses personnelles face au marché pour trouver son propre style de trading, sont pour moi des éléments tout aussi vitaux que d’être capable de s’affranchir des conseils des autres et de réaliser ses propres analyses, seul face au marché et à soi-même.

Au delà du trading, un second centre d’intérêt pour moi est certainement la Communication Non Violente, de Marshall Rosenberg : un outil essentiel permettant de vivre des relations humaines fort différentes, après avoir pris conscience du conditionnement dans lequel nous enferment nos sociétés.

Un truc encore plus puissant et infaillible que les méthodes de Warren Buffet pour gagner en bourse, si, si!

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Bonjour tout le monde,

D'aucuns se creusent les méninges afin de trouver le petit hedge qui leur permettra de tirer leur épingle du jeu dans la jungle des marchés. Ils affrontent alors les algorythmes de trading, les intelligences artificielles et les meilleurs traders des hedge funds triés sur le volet, dans ce duel de cerveaux surchauffés.

Voulant peut-être faire preuve de leur supériorité intellectuelle, à eux-mêmes ou aux autres, ils inventent des systèmes complexes de billard à trois bandes et d'indicateurs multiples qui permettront d'améliorer un peu leur pourcentage de gain et de réussite dans certaines conditions de marché.

Pourtant je ne peux m'empêcher de vous partager un truc qui est arrivé ce matin, et qui me conforte dans l'idée que, finalement, il est beaucoup plus difficile de miser sur l'intelligence humaine, forcément limitée, que sur sa bêtise qui, comme on le sait depuis Einstein, est, elle, le plus souvent sans limites.

Pourquoi finalement choisir un marché ou des indices sur lesquels nous aurons le plus de chances de nous retrouver face aux "joueurs" les plus dangereux du tournoi (si vous me permettez la comparaison avec un tournoi de poker) alors que dans un coin là-bas, il y a des gars qui misent sans rien comprendre aux règles du jeu ni à la psychologie, et avec suffisamment d'argent sur la table pour vous contenter? En clair, pourquoi se casser la tête à aller s'asseoir à une table de pros alors que les amateurs sont là, dans un coin, attendant de se faire ratisser?

C'est un peu ce que je suis en train de me dire lorsque je vois ce qui s'est passé sur la Small Caps Dietswell ce matin. Franchement, je n'y ai même pas cru assez moi même, sinon j'aurais acheté une ligne encore plus grosse.

Pour la faire courte, Dietswell, dont le titre cotait vendredi environ 1 €, pour une capitalisation voisine de 7 M€, a annoncé l'utilisation possible d'OCA pour une valeur de 3 M€ maximale etalée sur plusieurs années. 
Les OCA sont généralement dilutives et leur emploi par les Biotech françaises mène souvent au même résultat : un ratiboisage gratis et parfois proche de 90% de pertes pour les actionnaires. Et cette croyance populaire a suffi ce matin, pour voir le titre (qui n'est pas une Biotech) chuter de 30% sous les 0.70, soit l'équivalent de la dilution qui se serait produite si la société avait DEJA activé l'ensemble de ses OCA et utilisé les fonds en pure perte.

L'effet mouton, l'effet panique, l'effet forums, l'effet recommandations d'analystes à la baisse, l'effet dégout, l'effet de généralisation d'un cas vers une règle absolue (vendre tout ce qui touche à une OCA), tout cela s'est manifesté en quelques minutes à peine ce matin sur Dietswell.

Et pourtant : souvent ne veut pas dire toujours. Dans certains cas, et avant de signer de gros contrats, on demande souvent à de petites sociétés de garantir une durabilité sur la trésorerie suffisante. Une utilisation possible de certaines tranches d'OCA ne signifie pas qu'elles le seront toutes. Certaines sociétés (Catana, etc...), renoncent à l'usage de leurs Ocabsa lors de leurs Recoveries. Le cash burn de Diestswell est estimé à environ 500 K€ par an, ce qui laisse du temps lorsqu'on parle de 3 M€ potentiels, pour lever les fonds en plusieurs tranches, sur plusieurs années, dans le pire des cas.

Eh bien ce matin, le discount était le scénario du pire : celui où Dietswell aurait levé et utilisé l'ensemble de ces tranches, dilapidé l'argent et simplement dilué tous ses actionnaires de 30% du jour au lendemain. Oui Dame!, c'était tellement aberrant que je me suis dit qu'il y avait sans doute quelque chose que je n'avais pas bien compris, et j'ai donc respecté certaines règles prudentielles lors de mon achat à 0.70.

Mais non, quelques instants plus tard, les derniers Fish affolés et dégoutés ayant vendu toutes leurs actions au prix du marché, les cours, après avoir attendu un peu afin d'être bien certain d'avoir ratissé jusqu'au dernier vendeur de la table, sont repartis à la hausse de 20% en quelques minutes. Je n'avais même pas eu le temps de placer un ordre limite, et le C.O était déjà 0.85 acheteur et 0.87 vendeur. Je me suis empressé de revendre la moitié de ma ligne à 0.85 pour empocher un petit profit de 20% en l'espace d'une demi-heure, toujours abasourdi par l'absurdité de ce que à quoi je venais d'assister.


Moralité : avec un peu de patience et d'observation, la faiblesse de jeu des petits porteurs sur le marché des Small Caps est sans doute le moyen le plus rapide et le plus sûr de gagner en bourse que je connaisse sans trop se compliquer la vie. Il sera sans doute plus aisé de profiter de tels mouvements si on a suffisamment confiance en soi et en ses compétences, qu'à tenter de battre le marché sur d'autres segments (je pense à : battre les indices ou trader sur les grosses capitalisations). 

Je vous souhaite de très bonnes fêtes de Noël.


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