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Thibault Doidy de Kerguelen

Thibault Doidy de Kerguelen

Je suis président de la Compagnie Financière et Patrimoniale de Normandie. Vous pouvez me suivre sur mon site http://maviemonargent.info/

L’industrie spatiale russe se russifie…

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Les Russes coupent une à une les politiques de coopération avec les pays européens et les USA

Cette semaine, Poutine a remis de l’ordre dans l’industrie spatiale russe

Grand chambardement dans le monde du spatial russe. Le 22 janvier, le président Vladimir Poutine a décidé de créer une corporation d’Etat réunissant l’agence spatiale Roscosmos et la corporation ORKK, regroupant les concepteurs et constructeurs de lanceurs. La corporation d’Etat conserve le nom de Roscosmos, mais perd son dirigeant, Oleg Ostapenko, et va subir une purge parmi ses cadres. La décision ouvre un vaste chantier de réformes dans l’industrie spatiale, en grande partie motivé par l’attitude des pays européens et de les USA qui s’enfoncent dans une nouvelle guerre froide et une succession d’agressions à l’égard de la Russie, comme nous l’évoquions récemment concernant la production pétrolière.

Igor Komarov promet de finaliser la fusion en six mois. Après quoi, sa tâche sera de «rendre à la Russie son titre de leader mondial du cosmos. Il ne s’agit pas simplement d’améliorer la compétitivité ou de reprendre des parts de marché, mais d’assurer la parité et la domination sur les adversaires géopolitiques», a indiqué Komarov jeudi dernier.

Un ambitieux plan de développement de l’industrie spatiale russe

Les premières étapes seront l’achèvement du chantier du cosmodrome «Vostotchny», avec un premier lancement de Soyouz cette année (afin de réduire la dépendance envers Baïkonour, au Kazakhstan), et la conception d’un lanceur super-lourd. L’objectif final de la réforme est le «développement d’une industrie spatiale capable non seulement de produire des lanceurs, mais aussi des vaisseaux spatiaux pilotés». Roscosmos n’est pas…  « très disert » sur le futur de la coopération internationale. Komarov assure que les engagements pris par la Russie jusqu’à 2020 envers la Station spatiale internationale seront respectés, mais que la prolongation sera liée à la décision de concevoir une station russe. Moscou ne cache pas son intention de se passer des composants électroniques américains dans ses équipements spatiaux, et mettra fin à sa collaboration avec l’Ukraine.

Un embargo sur la Russie à géométrie variable

Par contre, et on voit là les limites de l’embargo à l’encontre de la Russie, Arianespace, la société de lanceurs européenne, continuera d’utiliser les Soyouz. Et oui, on peut tuer les agriculteurs ou les abattoirs français en interdisant les exportations en Russie, tant pis pour les salariés qui perdent leurs emplois, après tout, ce sont des Bretons illettrés, n’est ce pas, par contre, pour assurer les engagements pris sur les mises sur orbite, pas question de se dispenser des fusées russes!!!

Quand aux Etats-Unis, les pousse au crime de l’embargo, ceux qui trouvent le moyen de condamner à des amendes les vilaines sociétés européennes qui auraient le malheur de commercer avec un pays qu’ils auraient décidé de boycotter, et bien leur société Orbital Science a signé vendredi dernier un contrat d’un milliard de dollars avec le constructeur de moteurs russes Energia pour la livraison de 60 lanceurs RD-181. Il faut dire que l’industrie spatiale américaine est complètement à la ramasse et que, en plus de ne plus produire de moteurs ni de navettes ni de gros lanceurs, les astronautes américains dépendent aujourd’hui du bon vouloir des Russes pour aller et revenir de la station spatiale. La logique commerciale tempère donc pour l’instant les tendances isolationnistes de part et d’autre. Sauf que, si les Américains et les Européens ont besoin des Russes actuellement, ces derniers se sentent, c’est le cas de le dire, pousser des ailes. Faisant fi de l’intérêt pour eux de vendre des moteurs et des lanceurs, forts de leurs 32 tirs (aucun pays n’a fait aussi bien) pour un échec en 2014, forts du lancement avec succès dans l’espace du premier prototype de la nouvelle famille de lanceurs lourds Angara le 25 décembre dernier, et que le Kremlin, très fâché de l’attitude « occidentale » est décidé à démontrer qu’il n’est dépendant de personne et surtout pas de nous, les Russes se retournent sur eux mêmes dans l’objectif de rester seul maîtres de l’espace…… avec leurs nouveaux amis chinois, peut être?

Décidément, cette bêtise ukrainienne nous aura coûté très cher….

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