Charles Dereeper - Forex - Interview 8 : +399% ou l’art de flirter avec 90% de taux de réussite
Les débuts en bourse
Sébastien Gresant, pseudo « GREDIN », a démarré la bourse en 1999. Paradoxalement, il estime avoir bien géré la crise boursière 2001/2002, grâce au mécanisme de la vente à découvert.
« J’ai plus gagné dans cette période qu’en 2005 ».
En 2006, son PEA progresse actuellement, pour les huit premiers mois de l’année, de +36%, avec un taux de réussite de 70% environ. Les positions prises ont un horizon quelques semaines. Alors que son compte-titres où il loge ses opérations de trading court terme, est juste à l’équilibre.
« Je ne parviens pas à gagner cette année. Mon objectif habituel est de réaliser des petits gains de 0,3% nets de frais de courtage, mais ça ne marche pas bien en ce moment ! »
Son arrivée sur le forex
« Je me suis inscrit au jeu de RealtimeForex.com, mais je me suis fait sortir dès le premier mois. Mon beau-père m’a taquiné. Du coup, le deuxième mois, je m’y suis mis sérieusement en y consacrant une heure tous les soirs. Résultat : +399% ! »
En fait, au total, Sébastien Gresant va gagner presque 800% en quelques semaines. Son parcours est très instructif. En effet, en matière de trading, la constance est capitale. Changer de méthode en cours de route est toujours une opération à haut risque. Cette histoire vécue démontre parfaitement ces enjeux.
Au début, Sébastien Gresant a employé une méthode de day trading en échelle de temps 5 minutes. Elle lui a permis d’obtenir un incroyable score de plus de 90% de taux de réussite, sur une centaine d’opérations. On y reviendra dans la suite de ce chapitre. Ses gains à ce moment-là, sont de l’ordre de +100%.
Ensuite, en cours de route, il change sa méthode. Sébastien décide alors de prendre des positions de fond et de les porter pendant plusieurs séances. La première opération fonctionne bien. Son compte grimpe à +800% au mieux. Seulement, il est trop gourmand et ne prend pas ses bénéfices. Il finit néanmoins par revendre, enregistrant un gain total final pour le mois de +399%.
Seulement, la suite est moins rose. Il prend une deuxième position longue, qui, elle, n’est pas dans le bon sens. Il reperd tout. Son compte est désormais à -60% !
De guerre lasse, il reprend sa première méthode de day trading en 5 minutes et il reproduit un nouveau score incroyable de 600% à partir de son plus bas, avec, à nouveau, une centaine d’opérations, et en y consacrant qu’environ une heure chaque soir !!!
Bilan, s’il avait employé avec constance sa méthode de day trading, il aurait probablement fini dans les tout premiers joueurs du concours !
« J’ai préféré changer d’approche, car j’étais certain de ne pas pouvoir gagner beaucoup. +100% en quelques semaines ne sont pas suffisant. Il faut comprendre qu’en face de moi j’ai des joueurs qui attrapent des tendances dans le bon sens, dont les comptes s’envolent de plusieurs centaines de pour cent »
Peut-être, mais en même temps, nombreux sont les mêmes joueurs à tout reperdre le mois suivant…
La fameuse méthode de day trading
Lorsque Sébastien Gresant a commencé à me parler de sa méthode, ma curiosité était à son maximum… 90% de taux de réussite sur plus de deux cents opérations, sans triche. Ces chiffres sont totalement inhabituels !
Mais très rapidement, une énorme surprise m’attendait : j’ai compris qu’il employait exactement la même méthode que la mienne, dans mon trading personnel !!! Lorsque je lui ai résumé ce que je faisais à mon tour, il m’a répondu que je savais exprimer mieux que lui-même la manière dont il day tradait le Forex. Il m’a laissé toute latitude pour en parler. Cette dernière interview sera donc un mix de ce qu’il a vécu et de mes observations des marchés !
A la base, il s’agit d’une approche purement chartiste. Pour en profiter, ce n’est pas tant une question de technique, que de vitesse d’intervention. Au départ, tout repose sur la notion subjective de break de supports et résistances. Je ne fais pas allusion ici aux résistances et supports chartistes classiques (quand on trace des droites en essayant de joindre plusieurs points extrêmes), mais plutôt à une séquence d’enchaînement de vagues. Regardez-les, précisément, ci-dessous. Elles se répètent à l’infini sur les marchés !

Il faut comprendre qu’une tendance ne peut avoir lieu qu’à l’aide de cette séquence de trois vagues. Regardez ci-dessous l’enchaînement en format 5 minutes. 1-2-3 / 1-2-3…, quand les séquences se suivent immédiatement, le point 3 de fin de mouvement correspond également au point 1 de début de la nouvelle séquence de trois vagues.

Avec un peu de pratique il est assez facile de les reconnaître, en temps réel, sur les graphiques. Tous ces exemples sont tirés de l’EUR/USD, à la mi-septembre. Qui plus est… tous les marchés de la planète, et donc toutes les devises du Forex, fonctionnent sur ce schéma-là.
L’étape numéro 2 consiste à comprendre la notion de break. Il y a break lorsque le point 3 dépasse le point 1.

Nous pouvons alors parler de résistance dans une séquence de trois vagues orientées à la hausse et de support pour les séquences orientées à la baisse.


Vous détenez maintenant toutes les clés de la séquence. Je vais donc vous présenter la stratégie de jeu qui profite de cette configuration. Christophe Baulet en a déjà approfondi le sujet dans ses deux livres de trading (« 12 stratégies à horizon 2/8 jours » et « 10 techniques pour day trader » aux éditions Edouard Valys). Mais il y a une différence majeure avec les actions, c’est que les devises du Forex sont très liquides en échelle de temps 5 minutes, ce qui permet donc des exploitations plus aisées.
En fait, quand il y a break d’un support ou d’une résistance dans notre séquence précédemment présentée, il ne faut surtout pas acheter ou vendre dans le même sens.
Au contraire.
Il faut patienter pendant quelques dizaines de minutes et jouer à contre. D’où le terme de contre-break employé par Christophe Baulet. En effet, la plupart du temps, après un break, les devises repartent dans le sens inverse pendant 5 à 10 pips, selon la taille et la durée du mouvement. C’est ce phénomène que Sébastien Gresant a exploité et que j’utilise également.
Il y a une part d’intuition dans ce type de trading. Les breaks et contre-breaks s’enchaînent. Sébastien Gresant fait preuve d’une bien meilleure perspicacité que la mienne pour déceler les breaks qui vont échouer et se mettre en face ! J’en profite d’ailleurs pour relier cette histoire de break aux configurations en « U » et en « M » de Thomas Jegu dans un précédent portrait. Thomas cherche à rentrer dans le marché au niveau du point 2 et à sortir sur le point 3. C’est complètement logique et complémentaire de ce chapitre.
Regardez sur les exemples suivants comment marche précisément le contre d’un break.

Ci-dessus la séquence 1-2-3 des vagues. Le point 3 représente un point bas inférieur au point bas de 1. Il y a break ! Rapidement pourtant, jute après ce break baissier du support, l’EUR/USD remonte au-dessus du point 1 pendant quelques dizaines de minutes. Puis, il reprend sa tendance baissière ensuite. Cette réaction haussière que j’ai entourée, est la clé de la stratégie.

Voici un autre exemple sur l’EUR/USD. La stratégie consiste tout simplement à acheter sous le break baissier du point 3 et revendre dans la remontée avec 5 à 10 pips de gains. Attention, il ne faut pas traîner, car la tendance est baissière. Le but du jeu est de profiter d’une petite réaction. Notre séquence comporte donc 4 vagues désormais. Le point 4 est la vague de sortie de position.
Un troisième exemple dans le cadre, cette fois-ci, d’un break haussier de résistance. Il faut shorter à la baisse et se racheter dans la redescente.

La vague 4 permet d’encaisser un petit gain de trading.
Seulement, il existe un danger… eh oui, lorsqu’il y a break baissier, il arrive que la devise parte à la baisse directement, sans réaliser de rebond haussier. La vague 4 n’existe alors pas. Comme le montre l’exemple ci-dessous. Il est donc impératif de couper rapidement l’achat, sous peine de prendre une grosse perte.

Cette stratégie est donc à appliquer impérativement en dehors des zones de publications de chiffres économiques, au moment où l’inertie des devises est assez forte. Elle complète, en ce sens, parfaitement les stratégies présentées précédemment par les autres joueurs qui exploitent les forts décalages et les excès de volatilité quand de nouvelles données économiques sont publiées.
Outre cet aspect, intervenir sur des cotations en 5 minutes exige concentration et rapidité d’exécution des ordres. Tout va très vite. Il ne faut pas hésiter.
Je précise ce point, car passer un ordre d’achat au moment où le marché est en train de déballer et casser un support, n’est pas un geste naturel. La peur prend rapidement ses quartiers dans les tripes…
Charles DEREEPER
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