Samuel Rondot : s’enrichir, mode d’emploi destiné aux français pas bons en maths...
Vous avez déjà calculé la somme d’impôts directs ou indirects que vous avez payés ces 10 dernières années ?
Il y a quelques jours, j’ai participé à une séance de brainstorming avec un petit groupe d’entrepreneurs pour trouver de nouveaux projets à développer.
Très vite la petite réunion trop alcoolisée et trop pondérée en machos a rapidement tourné à la comparaison de celui qui avait la plus grosse…. machine à faire du fric.
Et là, un petit à lunettes, mal coiffé, très discret, a parlé le dernier mais pas pour rien, il a mis tous les participants d’accord ; nul doute que c’est bien lui.
Mais comment ce gars qui est dans les mêmes ages que nous, a réussi à bâtir un petit empire en gérant une équipe de plusieurs centaines de personnes et devenir multimillionnaire ?
Il nous a dit, je vous écoute depuis le début de la soirée, nul doute que vous êtes tous plus intelligents que moi, vous êtes tous plus bosseurs, probablement meilleurs entrepreneurs, mais il y a un truc que vous avez peu ou mal compris et qui fait que j’ai pris des années lumières d’avance sur vous.
La grand silence dans la salle … et il nous dit … c’est la capitalisation et les impôts … Sur le coup, je crois qu’il aurait parlé en japonais, on aurait aussi peu réagi.
Devant nos têtes dubitatives, il ajoute, et bien oui, depuis le 1er jour où j’ai lancé ma boite, je me suis assuré d’optimiser au mieux ma fiscalité. A la fin de chaque année, il m’en reste plus qu’à vous et en plus comme la plupart des entrepreneurs, on réinvestit tout dans notre business, je profite de l’effet de capitalisation des sommes investie.
Rapidement, la soirée s’est terminée et il n’y a pas eu besoin d’attendre le lendemain matin pour avoir la gueule de bois.
Dans les 2 jours suivants, je croise 2 fils de news qui vont me crucifier :
1/ Warren Buffet paye un taux d’imposition, par rapport à ces revenus, plus faible que celui de sa secrétaire. En fait, c’est valable pour les 1% d’américains les plus riches. Il paye un taux plus faible que celui de la classe moyenne.
2/ Malgré les discours hauts et forts de nos chers politiques, les entreprises du CAC ont toujours autant de bureaux dans ce que l’on nomme les paradis fiscaux.
Et là, je ferme les yeux quelques secondes et je me vois au départ d’un marathon avec des boulets attachés à chaque pied et autour de moi il n’y a que des kenyans….
Quelle claque !
Puis je me dis, faut que j’en ais le cœur net, je vais faire un rapide tableau excel pour voir ce que ça donne.
Première hypothèse, je compare une société qui paye 25% d’impôts avec une autre qui en paye 10. Elles font le même résultat, elles ne réinvestissent pas et ont la même croissance de 10% par an sur 10 ans.
Au bout de 10 ans, celui qui s’est le mieux optimisé gagne 20% de plus que l’autre.
Bon pour ça, pas la peine de faire des cauchemars.
Mais notre petit génie, il a dit que la clé c’est la capitalisation. Bien sûr c’est une mécanique financière qui est bien connue, alors voyons concrètement ce que ça donne.
Et là, je commence à recenser les impôts que j’ai payés depuis 10 ans, je les divise par deux, puis je réinvestis les sommes dans mon business et j’applique le taux de croissance que j’ai eu.
Et là, je me dis, merdum, j’ai du faire une erreur de calcul.
Je recommence, ligne par ligne cette fois. Et là, je n’ose même plus ajouter la ligne suivante à partir de la 6ième année.
Quand je suis à la 10ieme, j’en crois pas mes yeux et là j’ai la sensation d’avoir 2 kenyans sur chaque épaule au moment de me lever de ma chaise.
4 fois plus !!! Oui 2 kenyans de chaque coté !!!
J’aurais accumulé 4 fois plus en 10 ans si j’avais optimisé ma fiscalité.
Je préfère vous rassurer de suite, c’est pas pour autant que j’aurais 4 maisons ou 4 voitures. Je suis un entrepreneur. Je suis en permanence à la recherche de nouvelles idées pour monter des affaires, en racheter d’autre, créer de la valeur, des emplois, de la richesse.
Et pour un entrepreneur, le capital c’est le nerf de la guerre.
Alors vous vous dites forcément : quoi, encourager la fraude, la triche, pour réussir ? Mais c’est un scandale !
Et bien le fait est que dans un monde aussi inégalitaire que le notre, il n’y a absolument pas besoin de frauder ou de tricher une seule seconde pour y parvenir.
Dans les grandes entreprises, j’ai appris il y a quelques années que ça s’appelle de l’optimisation économique et surtout ils ne veulent jamais entendre les termes de fraude fiscale.
Vous avez déjà vu un grand groupe se faire sérieusement redresser pour fraude ? Les média ne se seraient pas gênés d’en faire ses choux gras.
Pour conclure je dirais que tout est question de choix personnel.
La France est l’un des pays avec la fiscalité la plus lourde au monde. Si on ne fait rien, pas la peine d’être bon en math pour comprendre qu’on va partir avec de gros boulets.
Y’a ceux qui trouvent sympa de voir la Jamaïque au bobsleigh lors des jeux olympiques ou encore ce pauvre nageur Guinéen sur 100m qui restera l’évènement le plus mémorable mais personnellement, j’ai toujours eu beaucoup plus de passion pour ceux qui arrivent à tout gagner grâce à leur talent et leur travail.
Samuel RONDOT
Directeur de www.bestcfd.com (courtier CFD offrant un spread de 1 point sur le CAC 40) et de www.samuelrondot.com (vente de stratégies boursières automatisées)
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Le 13 décembre 2010 par : Sinclair
Ce constat est tout à fait pertinent.
1) Pour gagner de l’argent, il est essentiel de comprendre l’intégralité du processus. En bourse, si vous ne prenez pas en compte les frais de courtage, les frais de change, les frais de gestion, le spread de cours et la fiscalité, vous êtes à côté de la plaque.
2) L’intérêt composé est une arme d’enrichissement massif, pour paraphraser Buffet qui l’a mis au cœur de sa stratégie depuis le début (il avait alors 10 ans !).
3) La lourde fiscalité française n’est pas forcément la principale responsable de votre sous-optimisation. Buffet a surtout bénéficié de sa stratégie consistant à conserver le maximum de ses gains au sein de sa holding Berkshire Hathaway. Jamais de dividende ! Jamais de cession de titres ! Donc jamais d’impôt... "L’effet boule de neige" est d’ailleurs le titre de sa biographie officielle.
4) A noter que Buffet désapprouve ce système qui lui permet d’échapper à l’impôt.
5) C’est ce que j’appelle le jeu du "Plus tu gagnes, plus tu gagnes." Non seulement les intérêts composés permettent de s’enrichir exponentiellement, mais le coût marginal pour employer des "optimisateurs" décroit avec le capital. La seule limite est le rendement décroissant des placements quand on atteint une taille de plusieurs milliards.
