Charles Dereeper : S’enrichir sans souffrir... ou être pauvre parce qu’on le mérite (partie 2)
Cet article est la suite de celui-ci : http://www.objectifeco.com/argent/s-enrichir/article/charles-dereeper-s-enrichir-sans-souffrir-ou-etre-pauvre-parce-qu-on-le-merite
J'ai autour de moi pleins de trentenaires qui aimeraient créer leur entreprise. Ben oui, quoi, monter sa boîte ! Sage projet. Seulement, il y a un souci. Ils sont à peu près tous tournés vers trouver l'idée magique qui va les rendre riche. En fait, pour l'instant, ils la cherchent depuis des années sans trouver... C'est qu'elle est bien cachée la garce d'idée. Il y en a qui arrivent à coucher avec, mais ils ne sont pas nombreux...
Je ne peux pas m'empêcher de les juger intérieurement comme des doux rêveurs. Je n'ai à ce jour jamais vu un de ces prétendants créateur d'entreprise m'expliquer qu'il visait tel segment de marché dans tel secteur, car la valeur ajoutée y était concentrée. Il est clair que le premier qui m'en parle, je lui propose sur le champ de le financer... A mon avis, ce n'est pas prêt d'arriver. Car le gars qui a pigé ce que j'écris, n'a pas besoin de moi sauf cas rare, donc chance (allez mes anges gardiens, ne m'oubliez pas !). Et celui qui a besoin de moi, n'a rien compris et je n'ai pas besoin de lui...
J'ai travaillé pour l'argent, car j'étais pauvre, au RMI, avec moins de 2000 euros sur mes comptes et je trouvais cela difficile au quotidien pour réaliser ses rêves. J'ai choisi une autre voie que celle que je vous décris parce que je n'avais pas compris les implications de la concentration de la valeur ajoutée (selon la loi de pareto) dans les chaînes sectorielles. Si cela était à refaire, j'en tiendrais compte. Aujourd'hui, ma situation financière me convient et n'exige pas que je passe en mode conquête effrénée (juste conquête de croisière !)... Si je me plante à l'avenir, il est évident que je me relancerais dans un segment que je choisirais avec une attention diabolique.
Je vais donc vous exposer la voie que j'ai choisie pour passer de la case "j'ai pas une thune" à la case "je ne me soucie pas du quotidien".
Dans mes conversations avec mon petit frère qui travaillait dans un cabinet d'expertise comptable (et qui a pu observer des dizaines de chefs d'entreprise), nous sommes tombés d'accord un jour pour dire que le seul critère qu'un chef d'entreprise devait observer (à condition que sa motivation première soit l'enrichissement financier) était le taux HORAIRE net fiscal. La marge, le chiffre d'affaires, le nombre de clients et tout le reste, c'est du bla bla qui comble du vide, un exercice intellectuel et social pour esprit non concentré et non connecté aux priorités de l'individu.
Combien gagne t on en argent cash dans sa poche pour chaque heure travaillée ? Voilà la base de l'enrichissement facile. A ce jour, je n'ai jamais vu personne me donner cet indicateur chiffré dans une conversation.

Je me suis appliqué cette logique à moi même depuis 2005. Mon taux actuellement en 2011 a grimpé de 600% par rapport à mes débuts (je ne tiens pas compte des gains de trading, car sinon, cela ne ressemble plus à rien). J'ai optimisé tous les leviers qui impactaient ce taux horaire cash dans la poche.
Réduire les forces de frottement entre le CA et le net fiscal dans ma poche a été une véritable et authentique obsession. Je suis incollable sur le sujet. Je discute avec de nombreux chefs d'entreprise qui réalisent de la valeur ajoutée comme jamais je n'en ai été capable, des chiffres d'affaires et de la marge à ne plus en finir, whaouh, j'en suis presque jaloux.... A ma grande surprise, je gagne souvent plus qu'eux au niveau du pouvoir d'achat. Ces hommes et femmes sont brillants dans l'exercice difficile du pilotage de TPE / PME (inférieures à 1 - 2 millions de CA), mais ils laissent souvent en friche l'aspect enrichissement personnel et jouent de manière conventionnelle leur carte perso. Il existe une déperdition énorme à ce niveau. C'est ahurissant.
Ma conception de la PME et TPE, c'est qu'elle doit créer une offre qui apporte quelque chose en terme de satisfaction de la demande et en terme de concurrence, dans le but de gagner le maximum d'argent. A partir du moment où on décide qu'une entreprise a un objectif social, c'est mort (je dis "social" pour ne pas trop provoquer, mais de vous à moi, le vrai mot est un objectif cocomunistes... ! vous savez, l'entreprise doit être éco responsable et apporter du bien être à tous et à la société. Son instigateur a le droit de gagner un peu, mais pas trop par rapport aux gens qu'ils emploient. C'est beau hein ?
Le seul souci, c'est qu'il s'agit d'une fiction. Il n'y a qu'une toute petite minorité (tordue elle aussi ?) pour penser de la sorte sur terre. Les humains veulent tout pour eux et rien pour les autres. L'intérêt collectif, tout le monde s'en tape. C'est justement ce qu'il y a de désespérant... ceux qui défendent cette fiction perdent généralement leur temps à réclamer au lieu de se bouger leurs fesses et ceux qui écoutent les réclamations ont généralement les poches bien pleines et des pensées du genre, causes toujours mon bonhomme, t'auras que dalle, il faut que je m'achète un yacht et que je paye à ma maîtresse des bijoux si je veux continuer à la ni..., ce qui me coûte un max de blé... désolé, mais je n'ai jamais rencontré un entrepreneur français me dire : oh tiens, cette année, je vais renoncer à mon pognon et le distribuer à mes salariés et à l'Etat pour aider mon pays, car franchement, je gagne trop, ce n'est pas moral. Non désolé, mais je n'ai jamais vu un tel gars, alors qu'il est le prototype du bon français si on en juge les déclarations politiques et les sondages. La France est un pays de tarés !).

Le monde économique ultra compétitif exige un instinct de survie affûté en permanence, au top (Apple et Steve Jobs sont des dieux vivants dans mon crâne, car cette expérience est une réussite en matière de gestion de grosses structures : création exceptionnelle de produits, pas de rachat d'actions pour éponger l'énorme trésorerie créée, pas de dividende, la perfection...). Il suffit d'observer en Bourse l'histoire sur plusieurs décennies de toutes les grandes entreprises en tant qu'organisation pour voir qu'elle court à leur déchéance dès qu'elle abandonne son mode conquête.
C'est d'ailleurs pour cela qu'il existe des tendances et des cycles économiques, car mécaniquement, les organisations humaines qui parviennent à un stade d'abondance, commencent à satisfaire des besoins sociaux, baissent la garde, perdent en mordant, mettent en place des stratégies de domination déloyale pour maintenir la rente, ce qui les entraînent à péricliter..
Une entreprise doit être gérée dans le but d'enrichir son fondateur et ses salariés. Se contenter de simplement occuper des gens dans des activités économiques est une hérésie qui ne peut déboucher que sur un naufrage (naufrage toujours provoqué par les vilains traders ou les banquiers escrocs, n'oubliez pas de le mentionner, sinon, cela veut dire que vous êtes un mauvais Français !).
Si vous souhaitez travailler pour l'argent et vous enrichir facilement, il suffit de sélectionner en priorité les métiers qui cannibalisent la chaîne de valeur et ensuite, de vous manager de manière très stricte par rapport au temps que vous dépensez à travailler. En appliquant ces deux règles démoniaques en permanence, je ne crois pas qu'il soit possible de rester pauvre aujourd'hui.
Quand je vois mes amis l'être et s'en plaindre de manière voilée, je me dit qu'ils font plus ou moins exprès, car les règles du jeu sont connues et affichées. Dans une vie humaine, consacrer 5 à 10 ans à s'enrichir pour ensuite s'envoler vers la réalisation de projets perso non économiques (le rêve de beaucoup), ce n'est rien. Mais ce sacrifice si court, personne ne veut le faire... étonnant, non ? Heureusement pour mes fesses d'ailleurs...
Aux langues de vipères qui se demandent pourquoi je travaille si ce que j'avance dans cet article est vrai, la réponse est que mes projets perso correspondent avec mes projets pro... (à part peut être mon dernier truc en cours, dans l'agriculture maraîchère qui est déjà condamné à me coûter financièrement et en temps, mais m'apporter tellement en plaisir...)
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Le 24 juin 2011 par : Sinclair
Bonjour Charles,
La première partie sur les sources de profit était très intéressante. Vos articles pourraient être passionnants sans l’idéologie.
"Il n’y a personne pour penser de la sorte sur terre. Les humains veulent tout pour eux et rien pour les autres. L’intérêt collectif, tout le monde s’en tape."
Moi j’en connais plusieurs et j’ai monté une entreprise avec eux, notamment pour cette raison. Gagner de l’argent était une motivation, mais uniquement pour assurer ma sécurité matérielle. Au delà, être libre et donner du sens à ma vie sont bien plus importants que l’argent.
Cette entreprise a été pensée et construite pour satisfaire les clients (des produits avec de la vraie valeur ajoutée dedans), les salariés (un partenariat clair sur le long terme basé sur le respect mutuel, le développement des compétences, le travailler ensemble, la créativité), les fournisseurs, les collectivités, la société dans son ensemble et nous-mêmes.
Ne vous y trompez pas, c’est une méritocratie et il n’y a pas de place pour les tire-au-flanc. MAIS avec un management intelligent, attentif et respectueux, nous obtenons des collaborateurs responsables et travailleurs et une organisation efficiente et rentable.
Car, et là je vous rejoins, nous avons trouvé une belle source de valeur pour un positionnement novateur (mais non parasitaire pour respecter nos valeurs).
Et cela marche, en France, aujourd’hui.
Car beaucoup de gens en ont marre ET de la bureaucratie ET de la prédation.
Une autre voie est possible.
Le 25 juin 2011 par : fabgrass
moi qui me suis fait prédater par la bureaucratie, j’ai un peu tendrace a dire "pléonasme". mais non j’ai tort !...
dans mon cas les impots ont exploité une erreur de ma part (c’est vraiment une erreur, pas une fraude, foi de moi !) et l’on tourné en malversation, contre toute évidence et se foutant bien de l’évidence d’ailleurs. Ils ont tenté de me mettre sur la paille et de me saisir jusqu’a la prochaine génération. Il sembleraient qu’ils soient en train de perdre, trop gourmands quand même. Mais quand je vois la gueule du controleur divisionaire qui s’occupe de mon cas, sa façon de me regarder comme un gros mouton a tondre et a égorger ensuite, parce-que-je-le-mérite-sans-toute, oui je vois bien a quoi ressemble un prédateur...
Le 25 juin 2011 par : Sinclair
@fabgrass : la prédation dont je parle est celle du secteur privé :
banksters
positions dominantes à la Microsoft
oligopoles à la Orange/Bouygues Tel/SFR
lavage de cerveau publicitaire
manipulations marketing
obsolescence programmée
lobbys et corruption des politiques
médias possédés par les multinationales
etc.
La concept de bureaucratie englobe votre contrôleur du FISC zélé. Appliquer la règle aveuglément, même si c’est aberrant et injuste, est un des attributs de la bureaucratie.
Le 25 juin 2011 par : doudi
Voler ses clients OPCVM, est-ce identifier un segment rentable de la chaîne de valeur Monsieur Dereeper ?
Page 28 : http://www.amf-france.org/documents...
Le 26 juin 2011 par : Bear Services
Pauvre Homme !
Monsieur Dereeper - je vous souhaite une belle fin de vie avec pleins d’euros, USD, or, argent ou que sais-je encore...
