Charles Dereeper : S’enrichir sans souffrir... ou être pauvre parce qu’on le mérite ! (partie 1)
Comprendre ce qu'est la chaîne de valeur pour travailler plus rentable et s'enrichir...
Il n'y a pas grand monde qui parle de ce sujet. Comme si le fantasme français de l'égalité entre tous avait submergé également les médias économiques, les créateurs d'entreprise et tous les esprits infestés contre leur volonté par le communisme... Voici donc un mémo pour se purifier la tête et redevenir un bon capitaliste qui a "la ouine" dans le sang... Rien qu'avec une phrase comme cela, j’entends le grincement de dents de certains et le bruit de la souris qui clique sur la note minimale. Dereeper, coupons lui la tête ! On ne choisit pas la pauvreté, jeune fou (cela reste à prouver que les gens ne sont pas pauvres par défaut, ne rien faire étant un choix jusqu'à preuve du contraire !)
Allez, démarrons...
Pour s'enrichir par le travail, il faut en théorie trouver une bonne idée, créer son entreprise, travailler beaucoup pendant des années... puis en cas de succès commercial (qui ne dépend toujours en théorie que de la fameuse bonne idée initiale), le candidat commence "à palper de la monnaie"...

C'est séduisant comme idéal : tout le monde peut le partager et espérer pour son sort. Seul souci, c'est totalement bidon. Désolé... mais j'insiste, c'est bidon. Je vais d'ailleurs vous montrer en quoi c'est vérolé.
Dans le monde réel économique, il existe en fait 70 à 80% des entreprises qui ne dégagent que peu de valeur ajoutée et une minorité qui gagne gros. C'est le concept phare génial de la loi de Pareto.
J'ai pris conscience de ce qui signifiait la valeur ajoutée économique dans une chaîne (cad de la matière première jusqu'au produit fini et acheté par le consommateur) le jour où j'ai découvert le métier de SSII, sorte de négrier moderne, qui profite comme un parasite des déficiences des lois organisant le travail en France.
En effet, il est long, coûteux et lourd administrativement de licencier en France. Du coup, de nombreuses grandes entreprises préfèrent louer des ingénieurs aux SSII et se débarrasser (excusez moi, il faut dire "externaliser") du problème sur un tiers, moyennant finance. Une SSII aujourd'hui, c'est avant tout une société qui mutualise les risques de licenciement des grandes entreprises, contre le versement d'une prime de risque qui va de 1500 à 7000 euros par mois par têtes boutonnées à lunettes (non, ce n'est pas vrai Charles, tous les ingénieurs ont les cheveux longs et sont tatoués...).
Je vous laisse calculer la SSII qui a ne serait ce que 100 ingénieurs placés. Altran et Atos ont fait fortune à ce petit jeu. C'est le royaume de l'argent facile. Car la quantité de travail n'est absolument pas proportionnelle à la marge obtenue. Le rapport relatif dans les SSII est énorme.

En comparaison, un restaurateur qui bosse 50 heures par semaine ne parviendra même pas à accumuler sauf les stars et les industriels du secteur (et encore), l'équivalent de 5 à 10 ingénieurs, loués dans le secteur des SSII.
La vérité crue, c'est que de nombreux métiers dégagent des clopinettes en valeur ajoutée, pendant qu'une minorité permet de gagner facilement, à quantité de travail équivalente. Cela démontre d'ailleurs que les gens ne travaillent pas pour l'argent. Sinon, il y aurait un gros souci technique...
Prenons quelques exemples.
General Motors qui a fini par faire faillite, a gagné en 2007, 2,5 milliards de dollars en... créant et vendant des voitures ? Pffff, perdu ! Il n'y a pas de valeur dans ce métier. Les comptes étaient flats ou perdants sur l'aspect industriel. Non, l'argent a été accumulé en finançant l'acquisition des voitures fabriquées. Le métier de banquier dégage bien plus de valeur ajoutée. General Motors était devenu un vulgaire banquier qui utilisait sa position forte dans l'automobile pour distribuer en masse du crédit.
Darty en France, Circuit City ou Best Buy aux USA sont des distributeurs de produits électro ménagers qui gagnent leur argent en tant que commerçant ? Ba non ! Le commerce est ultra lourd sur un plan capitalistique, avec des faibles marges. Darty et les autres sont en fait des assureurs. Ils réalisent le gros de leurs profits par rapport aux ressources utilisées, sur du service, à savoir les extensions de garantie fabriquant qui rapportent beaucoup de valeur économique. Une TV vendue 1000 ou 1500 USD permet de fourguer une garantie d'un an à 100 dollars. Les particuliers achètent souvent du 5 ans de garantie, soit 500 dollars ou un tiers du prix de vente des grosses TV.
En France, les personnes qui travaillent le moins de tous les secteurs, selon les classements, sont ?.... les assureurs ! Bizarre... Cela doit être une coincidence, cette histoire de Darty, Best buy. Ou alors, les actionnaires ont du réfléchir sur leur niveau de pauvreté...
A quand un assureur low cost qui casse le business ?
Un dernier exemple : Capital One aux USA est spécialisé dans la distribution de cartes de crédit. Oui ou non ? Eh bien, la réponse est grise : oui et non. Ils ont visé les pauvres. Car un incident de paiement est facturé 25 dollars. Avec 50 millions d'incidents en 2005, c'est 1,25 milliards de dollars qui ont été facturés... Est ce que le métier de Capital One est vraiment distributeur de cartes de crédit ? Franchement, le vrai business est ailleurs, aux limites de la tolérance morale... Par contre, il n'y a pas de souci, il rend riche !
La morale de ces entreprises, c'est que pour créer de l'argent, il est nécessaire d'identifier dans son secteur à quel endroit de la chaîne de valeur, les clients acceptent de payer cher et d'intégrer par tous les moyens ce segment d'offre, tout en sponsorisant à prix coûtant les échelons où de toute façon, l'argent sera toujours dur à gagner. L'idée, c'est de trouver des clients par un segment en étant ultra compétitif et de les remonter ou les descendre vers le segment où la demande est négligente quant au prix.
Si vous voulez devenir riche facilement, il suffit de piger qui fait quoi dans votre domaine et de foncer sur le maillon le plus juteux. Tous les secteurs économiques sont concernés.
Prenons le pétrole. Total gagne t il en exploration, forage, découverte de gisements ? Dans le transport et la vente du brut ? Dans le raffinage ? Ou dans la distribution ? Où est l'argent ? Total est énorme dans un secteur de géant. Mais, il est possible d'appliquer ce modèle à tous les secteurs, même les petits.
Le meilleur des secteurs en France, c'est l'immobilier qui a créé de manière artificielle une énorme valeur ajoutée. Il y a dans les activités immobilières 300.000 personnes qui dégagent 250 milliards de valeur ajoutée dans l'économie. C'est le record absolue. La fête est finie ? Oui et non. Nul doute que certains tirent leur épingle du jeu. Finance et immobilier sont les voies royales sur un plan strictement macro économique.
... La suite ici, sinon, c'est trop long et vous décrochez... : http://www.objectifeco.com/argent/s-enrichir/article/charles-dereeper-s-enrichir-sans-souffrir-ou-etre-pauvre-parce-qu-on-le-merite-partie-2
Charles Dereeper
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Le 24 juin 2011 par : brucibru2
Comme s’il n’y avait des service informatique qu’en France.
"Les faits fondamentaux qui ont amené la coopération, la société, la civilisation et transformé l’animal humain en un être humain sont les faits que voici : que le travail effectué au sein de la division du travail est plus productif que le travail solitaire, et que la raison humaine est capable de reconnaître cette vérité. Sans ces faits-là, les hommes seraient restés pour toujours des ennemis mortels les uns pour les autres, des rivaux irréconciliables dans leur effort pour s’assurer une part des trop rares ressources que la nature fournit comme moyens de subsistance. Chaque homme aurait été forcé de regarder tous les autres comme ses ennemis ; son désir intense de satisfaire ses appétits à lui l’aurait conduit à un conflit implacable avec tous ses voisins. Nulle sympathie ne pourrait se développer dans une situation pareille.
Bien entendu, il y aura toujours des individus et des groupes d’individus dont l’intellect est si borné qu’ils ne peuvent saisir les avantages que leur apporte la coopération sociale. Il en est d’autres dont la fibre morale et la force de volonté sont si faibles qu’ils ne peuvent résister à la tentation de rechercher un avantage éphémère par des actions nuisibles à un fonctionnement aisé du système social. Car l’ajustement de l’individu aux exigences de la coopération sociale demande des sacrifices. Ces derniers, à vrai dire, sont seulement des sacrifices momentanés et apparents, car ils sont compensés largement par les avantages incomparablement plus grands que fournit la vie en société."
L.v. Mises
C’est toi le bouton, la pustule virulente de la décadence. Quel chaos dans ta tête. Tu m’as fait monté la tension à 22, la 2ème partie est au-dessus de mes forces.
Le 24 juin 2011 par : vincent
Merçi Charles,
Pour tes informations et cette réalité brute mais authentique même si cela doit évidement déplaire aux autres.
J’aime beaucoup ton humour ironique et tellement vrai.
brucibru2 dans quel réalité vis-tu ?
Tu es très UTOPIQUE. Tu nous a décrit un monde idéal qui se vit que dans les Romans. Attention les communistes sont de sorties.
Le 24 juin 2011 par : patlr
Bonjour, concernant Darty les salariés qui ont profités du RES,sont devenus très riches !!! et les cadres sup des millionnaires...
Le 24 juin 2011 par : brucibru2
@vincent
Cataloguer von Mises dans les communistes, c’est chaud quand même.
Inculte.
Le 24 juin 2011 par : investisseurheureux
Pile dans le mille !
C’est dans ce type d’article que tu es bon, ça nous change de quand tu fais ton faux-prince avec des gains à 80 000 € sur le trading...
Il faut noter que le principe du négrier est utilisé partout : les SSII ont montré la voix mais il y aussi les agences de femmes de ménages ou d’assistante à domicile, qui prolifèrent à chaque fois grâce aux dérèglements de marché induit par la législation.
A chaque fois, des intermédiaires avec extrêmement peu de valeur ajoutée capte une grosse partie de la marge.
Et les SSII, alors qu’elles margent comme des cochons sur leur "salarié" vendus aux banques, assurances & co ont encore leur culot de demander de la flexibilité pour pouvoir "s’ajuster" au marché.
Et ben oui : marger comme des cochons, on veut bien, mais si en plus on peut éviter d’assumer le risque d’inter-contrat, c’est encore mieux ! Le beurre, l’argent du beurre, le cul de la crémière.
J’ai même vu en 1999-2000 des SSII vendre des stagiaires d’école d’ingénieur à 550 € (à l’époque ce type de tarif était facile à trouver) la journée. Ça c’est de bonne marge de négrier, d’autant qu’en plus à la fin du stage on est même pas obligé d’embaucher le stagiaire s’il y a un inter-contrat. 550 € HT * 20 jours * 6 mois de stage, miam, miam !
Et tout ce magnifique système est encouragé par les grandes entreprises au travers de responsables des achats qui refusent de travailler en direct avec des freelance (on appelle ça le "référencement") ou de toutes petites SSII, mais préfèrent de bons gros marchands de viandes qui les arrosent copieusement en places pour Roland Garros, matchs de football, cadeaux de fin d’années, etc.
Certaines directions des achats refusent même maintenant les freelances en sous-traitance de SSII, et n’acceptent de prendre en mission que les salariés (jugés officiellement plus "stables") des SSII.
Tjs plus loin : il y a même des SSII qui se font de la trésorerie sur les freelances sous-traitants. Puisque ces moutons noirs ne veulent pas rentrer dans le moule du quartier de viande salarié et ne nous fournissent pas la marge et docilité habituelle, au moins on va les payer à 60 jours, même si le client nous a payé à 30...
Heureusement, on trouve encore malgré tout des clients finaux sérieux, des SSII sérieuses et il est toujours possible de s’enrichir à son compte avec l’informatique, même si c’est moins vrai qu’en 90-2000.
Le 25 juin 2011 par : brucibru2
@investisseurheureux,
Tu es la lie de l’humanité, une sorte de bond en arrière dans l’évolution. Tous ceux qui ont des yeux pour voir pourrons mesurer l’absurdité de tes propos. Que proposes tu ? L’interdiction des SSII ou des directeurs achats, les 2 peut-être, faut-il faire des camps pour les "redresser". Fait une SSII si c’est si facile, change le monde puisque tu es si pur.
Je n’ai pas de mot.
Le 25 juin 2011 par : brucibru2
Immobilier : prix en hausse de 5,6 %, à Paris, fin avril
http://www.lesechos.fr/patrimoine/i...
Quand les bornes sont dépassées, il n’y a plus de limite.
8000€/m2, c’est, avec les différentes charges, 600 000€ les 70m2 :
- 4000€/mois sur 20 ans à 5%,
- 5000€/mois sur 20 ans à 8%,
- 6800€/mois sur 18 ans à 12%,
- 8400€/mois sur 15 ans à 15% (comme ca c’est déjà vu).
Cochez la case :
1/ c’est la fin de l’histoire, les taux resteront Ad Vitam Aeternam au plancher, comme en Grèce,
2/ Les prix de l’immobilier vont finir par se prendre une tartasse dans leur gueule, mais alors, un pastisson bien senti.
Le 25 juin 2011 par : brucibru2
Il y du vrai dans ce que tu dis Charles, on est plus cons en France qu’ailleurs.
Le 25 juin 2011 par : investisseurheureux
@brucibru2 J’adore tjs ceux qui insultent les autres derrière leur écran. Pourquoi pas, mais il faut avoir les moyens de ses ambitions. En face (http://bit.ly/ifBETh), tiendriez-vous les mêmes propos ? J’en doute fort puisque des types comme vous, j’en ai déjà rencontré un certain nombre, et de visu, ils sont deviennent aussi discrets qu’ils n’étaient virulents.
Sinon, pour votre information, au sens strict, un certains nombre de SSII sont en effet totalement illégales, puisqu’elle font du prêt de main d’œuvre, activité qui est réservée aux agences d’intérim. Pour éviter cette qualification, ces SSII créent des fiches de missions bidons (on fait croire qu’il s’agit d’un besoin ponctuel spécifique sur un sujet bien précis, alors que bien souvent, il s’agit de tâches récurrentes de substitution à un interne) pour les salariés placés chez les clients finaux.
Mais nous nous éloignons du propos initial de l’article.
Le 25 juin 2011 par : brucibru2
@InvestisseurHeureux
Ha ouais, tout s’explique.
Au moins, tu m’auras fait rigoler.
Le 25 juin 2011 par : brucibru2
Je défis qui quiconque de suivre le lien de investisseurheureux sans rire. Tu devrais faire un peu les mollets, on dirait une grive.
Le 25 juin 2011 par : Stifler
Brucibru2,
Je te prierais de rester correct. Si tu as envie d’un défouloir ou de jouer au keyboard warrior, va sur d’autres sites stp.
Va sur désir d’avenir de Ségolène par exemple, tu vas adorer et peut-être même te trouver une fille.
InvestisseurHeureux a entièrement raison. Charles Dereeper aussi. Je sais de quoi je parle. J’ai été salarié dans une banque, j’ai été consultant et je suis dorénavant un free lance.
Pour étayer ce que dit Charles Dereeper sur les SSII et les achats, il faudrait un thread basé sur des exemples. En quoi consiste le travail d’un bras cassé de commercial en SSII ? Il copie-colle les mots clés de l’AO (sans rien piger par ailleurs) et les colle dans le CV du candidat. Il envoie cela au client en réponse à un AO. Il falsifie aussi le CV (rajout de compétences, etc). Il va ensuite en entretien chez le client et là, il s’écrase. Il note toutes les questions du client pour pouvoir les refiler au prochain candidat afin qu’il bétonne l’entretien. Ensuite, plus rien. Il vient lécher le cul du client de temps à autre pour placer d’autres consultants, etc.
Chez certains clients, les opérationnels en ont assez. Prenons un exemple concret : chez BNP, dans la filière BFI (Arbitrage, etc.), certains opérationnels demandent à voir le candidat seul ; en gros : le commercial tu restes chez toi. Le commercial a encore moins à faire.
En Angleterre, les free lances peuvent contracter avec les clients. Il faudrait juste faire comme eux.
Moi, cela fait longtemps que je pense développer ma société pour en faire une grosse SSII. De multiples problèmes se posent, notamment : 1) le système est déjà verrouillé par les clients et les grosses SSII. Que c’est dur pour une petite SSII de se faire référencer 2) Par ailleurs, j’ai une éthique dans la vie, je ne suis pas un pourri. Pipoter des consultants me pose un problème. Là, je reconnais que je suis quand même con ....
Merci Monsieur Charles Dereeper pour vos threads. Et n’oubliez pas qu’il n’y a que la vérité qui fâche.
Cordialement,
Le 28 juin 2011 par : Dadounet
> le travail effectué au sein de la division du travail est plus productif que le travail solitaire, et que la raison humaine est capable de reconnaître cette vérité.
Certes !
> Sans ces faits-là, les hommes seraient restés pour toujours des ennemis mortels les uns pour les autres
Faux ! Si c’est bien de von Mises, il a tort ! Bon ,on comprend mieux depuis Hamilton http://fr.wikipedia.org/wiki/Willia... comment marche la coopétition, mais la civilisation est basée sur la parentèle, d’où le fait que les sociétés multi-raciales sont multi-conflictuelles et condamnées à la guerre civile. Mais on est bien l’ennemi de ceux qui peuvent faire aussi bien que vous pour pas plus cher - d’où la tentation du protectionnisme.
Par ailleurs, ce texte ne donne pas tort à Charles Dereeper de vouloir gagner plus en travaillant le moins possible, c’est ce qui créée le progrès, en fait !
