Charles Dereeper : Développement économique, bien être des gens, agriculture, lobbys et fonctionnaires corrompus
Le modèle employé par les USA, l’Europe et le Japon est clair. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, les fabricants de tanks et de bombes doivent reconvertir leurs usines. Ils vont mettre au point un modèle économique diabolique, qui montre après
Le modèle est le suivant.
On industrialise l’agriculture en confisquant les semences pour contrôler le circuit. Aujourd’hui, plus aucune semence ne semble être non trafiquée génétiquement, pour ne pas dire, castrer. Il est interdit en France (d’où mes accusations de complicité forcément monnayée) de vendre des semences naturelles, sauvages. Seules les variétés hybrides protégées par brevet sont autorisées. La raison ? Il faut protéger le consommateur. C’est beau hein ? Des semences qui nous ont nourri pendant des millions d’années sont d’un coup dangereuses pour nous… Ce n’est pas sans me rappeler que les tordus de l’AMF cherchent à protéger les épargnants en leur interdisant de pouvoir jouer à la baisse les titres financiers et les produits dérivés sur indices associés… dans le deuxième plus grand marché baissier de l’histoire économique moderne… Allez, avouez que vous aimez la protection des fonctionnaires français et que vous sentez toute sa nécessite bienveillante, hein ?
Ensuite, on rentre dans le crâne des agriculteurs des inepties productivistes de manière à leur faire tuer le sol. Du coup, ils deviennent dépendants des intrants chimiques type engrais, fongicides, pesticides. Les fabricants de bombes peuvent recycler leurs usines.
Enfin, on fournit des tracteurs et des machines (recyclage des capacités de production des tanks et autres jouets militaires) en décimant l’agriculture familiale traditionnelle et en augmentant la surface moyenne des exploitations, toujours sous couvert de productivisme et de rentabilité.
La révolution verte est une énorme arnaque de source privée avec la complicité de l’Etat qui régule pour donner cadre à la stratégie dont nous pâtissons tous.
Voyons maintenant le circuit de la valeur ajoutée, seul critère fiable. Toute la beauté du piège s’y exprime magnifiquement dedans.
Les industriels, les distributeurs et les banquiers sont parvenus à convaincre les décidément stupides ou véreux fonctionnaires et politiciens qu’il fallait vider les campagnes des gens, les réaffecter à l’industrie puis plus tard au secteur du service… en subventionnant les denrées agricoles.
Si on résume le circuit, on lève de l’argent de force auprès des contribuables privés en leur promettant un monde meilleur, on dépense cet argent public dans la poche des agriculteurs, qui sont coincés de partout et doivent dépenser la valeur ajoutée de leur travail dans l’achat de semences, de machines et intrants chimiques très chers ou dans l’assistance des services de grande distribution dont on sait aujourd’hui que les rayons fruits et légumes sont les plus rentables de tous (donc confirmation de la capture de la valeur ajoutée au détriment du producteur). Enfin, il ne faut pas oublier les banquiers qui sont à la fête car ils prêtent pour l’achat des machines et du reste du bazar moyennant dans le tiers monde des intérêts à 20 ou 25% l’an et chez nous, des intérêts classiques. L’argent repart donc de la poche des agriculteurs au profit des industriels qui gravitent autour. Et cette fois-ci, il y reste ! On transfère par ce mécanisme de l'argent public dans des poches privées sans contrepartie pour le bien être collectif. C'est du vol !
Conséquence, tous les non participants agricoles à ce jeu crèvent, car les prix des denrées agricoles ne sont pas issus du jeu de l’offre et de la demande, mais sont maintenus artificiellement en dessous des coûts de production à cause des subventions. Avantage de taille, cela permet de maintenir une inflation artificiellement basse dans les pays qui contrôlent le système.
Tous les consommateurs finaux qui financent ce système sont pénalisés, car la qualité de cette production de denrées alimentaires, est extrêmement mauvaise et dangereuse pour la santé à long terme des humains.
Les fonctionnaires et politiciens aux commandes de nos jours, se battent pour entretenir le système. Aucun doute qu’ils se font arroser financièrement pour que le détournement destructeur d’argent public se poursuive.
Ce système me fait vomir. Nourrir les populations est une activité noble et vitale. Je crois que le capitalisme ne devrait pas être appliqué à la denrée alimentaire. J’ai bien conscience que le jeu économique est une lutte féroce où des secteurs se font cannibaliser par d’autres. Il y a obligatoirement des perdants et des vainqueurs. Seulement, cette guerre ne devrait pas avoir lieu dans le domaine vital de l’alimentation. C’est stupide ces gamineries. On se menace nous-mêmes, on menace notre propre survie. J’ai écrit il y a quelques temps que j’arrêterais de déglinguer ces abrutis de fonctionnaires le jour où ils écriront qu’ils prélèvent en France 65% de la marge des entrepreneurs et non 42% officiellement. Je crois que je rajouterais à ma liste un deuxième point : tant qu’ils n’exerceront pas le pouvoir qui leur est conféré pour nourrir sainement les populations, je continuerais à les mépriser.
Les solutions existent mais ne font pas recette.
L’AMAP où de 50 à 100 familles se réunissent auprès d’un maraîcher en lui garantissant une année d’achat de production moyennant engagement sur la qualité, est réellement super. Seul souci, on trouve quelques centaines de maraîchers en région Ile de France pour… 12 millions d’habitants !
Le consommateur dispose d’un pouvoir dont il ne veut pas l’exercice. En effet, ce ne sont pas les entreprises ou les Etats qui ont le réel pouvoir économique, mais le consommateur final qui fait des choix. Seulement, il ne veut pas choisir politiquement et a un art consommé de faire l’autruche au moment où il remplit son cadi. Il y a trois ans, un sondage TNS montrait que 32% des Français étaient convaincus que la TV TF1 était public et non sous contrôle d’un actionnariat privé… Soit ils n’ont pas compris la question, soit le niveau de formation économique est si faible (en clair, le niveau de connerie est tellement énorme) qu’il est totalement futile d’espérer un jour que les masses fassent les bons choix !
Pour tous ceux qui peuvent et qui ont compris que s’injecter de la merde chimique au quotidien, grâce à l’argent de ses propres impôts et pour le profit d’industriels et de fonctionnaires sans état d’âme, finit par causer des sérieux dégâts sur la santé global (40% des femmes sont en surpoids ou obèses en France selon les derniers chiffres, taux de cancer multiplié par deux, super, allez on dit merci ?), tôt ou tard, un changement d’art de vivre doit s’opérer. Il est nécessaire de reprendre le contrôle de la production vivrière en direct ou hors circuit économique traditionnel. Il est tout à fait possible de faire un job d’intello et de posséder quelques hectares de terre sur lesquels on fait de la culture extensive.
En outre, la culture vivrière ramène toujours à la conclusion qu’on a tous besoin des uns des autres en local et que l’organisation sous forme de tributs ou de petites communautés, reste ce qu’il y a de plus adapté (ce système a fonctionné pendant des millions d’années, il a changé uniquement pour qu’une minorité fasse du pognon sur le dos d’une grande majorité, dans le cadre d'un jeu de domination et survie mondiale, aspect qu'il ne faut pas négliger). Les Etats financés par des impôts, c’est bien pour les aspects militaires, mais c’est vraiment à chier pour apporter des solutions à la vie de tous les jours. Que des entreprises privées parviennent à imposer ces solutions pourries montrent à quel point, nous vivons dans une dictature capitaliste et non une démocratie. Cela montre à quel point, il n'existe pas de solutions collective. Tout échoue. Nous sommes tout simplement ingérables !
Charles Dereeper
La suite de cet article est ici : http://www.objectifeco.com/argent/s-enrichir/article/charles-dereeper-demasquer-le-diable-du-business-de-l-agriculture-chimique-et-le-mythe-de-la
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Le 6 octobre 2011 par : pavdu69
Encore un article éclatant de vérité...merci Charles
Le 6 octobre 2011 par : lars nielsen
j’ai commencé à produire pour ma petite famille. Me reste maintenant 3 hectares cultivables. Je suis profession libérale (enfin ce qu’il en reste) mais je ne connais pas la fiscalité des activités agricoles. En tout cas je veux exploiter moi-même pour rester maître de ma propriété sans me retrouver empêtré dans des tracasseries administratives sans fins. Un petit panier d’automne :)
Le 6 octobre 2011 par : corentin
Article intéressant, j’apprécie cet engagement dénonçant la condition des agriculteurs. J’ai rencontré il y a deux semaines un agriculteur de plus dénonçant le raquette qu’il subissait de la part de la grande distribution et même de sa coopérative ! Du coup, il les a gentillement remerciés et a décidé de continuer sa route seul. Le marché est aussi un bon débouché pour vendre ses produits. Sage décision. Mais je voudrais préciser une chose concernant les variétés hybrides. La citation de mots comme "Hybrides" et "OGM" dans le domaine de l’alimentation fait frémir la majorité des gens. Mais l’homme a toujours été dans une logique d’amélioration des plantes dans le but d’augmenter les rendements ou de sélectionner les variétés résistantes à des maladies ou des bioagresseurs (ou est le mal ?). Au départ, il l’a fait par de la sélection basique en observant les résultats sur le terrain. Aujourd’hui, on fait la même chose, on observe ce que cela donne sur le terrain mais effectivement en plus de cela, les connaissances liées au végétal ont augmenté et on dispose d’un arsenal d’outils entrant de le processus d’amélioration des plantes. Une variété hybride n’est ni plus ni moins qu’un croisement entre deux variétés (choisies pour leurs caractéristiques) de la même espèce donc rien d’extraordinaire. Concernant les OGM, ils sont pour l’instant très mal vus néanmoins, ils peuvent apporter une réponse aux problèmes d’utilisation de pesticides à gogo et d’engrais justement en partant de la plante et en l’optimisant. Pour l’instant, on n’a pas le recul pour savoir les conséquences à long terme, mais c’est comme pour toute découverte finalement. Il faut simplement agir de façon raisonner et utiliser ces technologies pour de bonnes raisons et c’est là qu’elles trouvent tout leur intérêt. Si l’on compare avec la radioactivité, l’arme atomique est en effet une catastrophe pour l’humanité mais une personne atteinte d’un cancer est aujourd’hui bien contente de cette découverte dès lors qu’elle se fait soigner (et qu’elle est sauvée) grâce à des méthodes utilisant la radioactivité. Après il est vrai que ce n’est pas normal d’interdire la vente de variétés sauvages pour la production professionnelle mais de toute façon, je doute que beaucoup d’agriculteurs soient intéressés par ces variétés qui ne sont pas des plus faciles à cultiver car non stables et non homogènes. Donc cela pause tout de même des problèmes de gestion des cultures et des récoltes. Mais je suis bien sûr d’accord avec le fait qu’à force de breveté le vivant, on va arriver à des dérives...
Le 7 octobre 2011 par : Charles DEREEPER
Corentin, ce que vous écrivez est faux. sur de nombreux points. C’est tellement dangereux, car votre forme d’élocution est douce et raisonnée que je suis obligé d’intervenir.
je vais écrire un édito plutot qu’un commentaire.
Le 7 octobre 2011 par : stephane
bjr tlm,je suis actuellement horticulteur et dans cette situation,si vous voulez des renseignements pas de soucis contacté moi : stephane.spilers@aliceadsl.fr cordialement un fidèle lecteur.
Le 7 octobre 2011 par : Fredo
Un sacré fourre-tout cet article avec un nombre d’affirmations plutôt tirées par les cheveux, et même des passages idéo-bobo-coco dont je ne vous serai pas cru capable "Je crois que le capitalisme ne devrait pas être appliqué à la denrée alimentaire. " (à moins que vous ayez utilisé le mot capitalisme à mauvais escient)
Mon point de vue (aussi étayé que le votre), je passe par une AMAP, la super solution que vous préconisez. Je suis évidemment pour mais il faut bien avoir conscience que : 1- la productivité n’a absolument rien avoir avec une ferme industrielle... et il y a de plus en plus de personnes à nourrir en France et dans le monde. 2- il faut que le consommateur accepte de manger des fruits et légumes de saison et de la région. Et je peux vous dire que suivant les régions (et les saisons) ce n’est pas très varié.
Quand à faire sa propre ferme : cela supposerait que "tout le monde" aient du terrain, et du temps. Parce que gérer un potager / verger, même juste pour soit c’est du boulot.
A moins de revenir 100 ans en arrière (population et emploi dans le secteur agricole), je ne vois pas comment cela peut fonctionner.
Le 7 octobre 2011 par : mitch
Merci Monsieur Dereeper,
je trouve plus agréable de vous lire quand vous ne blâmez pas les communistes à tout va et que vous identifiez les vrais responsables : les politiciens et les hauts fonctionnaires (qui soit dit en passant se prétendent libéraux). Où est le libéralisme dans le monde où nous vivons désormais ? La concurrence pure et parfaite... pas grand monde ne connait les préceptes qui garantissent le bon fonctionnement de l’économie libérale et qui sont complètement abandonnés aujourd’hui. De plus le communisme est techniquement la propriété étatique des moyens de production et qui bénéficie à tous les citoyens, ce qui n’est pas le cas actuellement dans le monde. La question de savoir si le libéralisme ou le communisme fonctionne le mieux est aujourd’hui complètement dépassé puisque nous ne sommes plus vraiment dans une économie de marché, mais dans une économie d’entreprise qui fonctionne sur le rapport de force financière.
