Charles Dereeper : Pour s’enrichir, NE JAMAIS investir en tant qu’actionnaire minoritaire d’entreprises non cotées !
La liste est très longue autour de moi des gens qui se sont faits avoir dans des participations minoritaires d’entreprises non cotées, donc non liquides. Tous les mois ou tous les deux mois, je vois des cas de figures totalement identiques. Sans contrôle du capital, la partie est presque perdue d’avance. Il y a ceux qui perdent tout et les autres, coincés sans acheteur, avec incapacité à quitter le navire car les associés ne veulent pas racheter et bloquent l’arrivée d’une personne extérieure.
Il arrive même de se faire pigeonner par les grands groupes sur des petites entreprises cotées, et ce, malgré la présence des organes de contrôle, type AMF.
Cela me rappelle l’un des cas les plus célèbres, celui de Didier Pineau Valenciennes, PDG de Schneider. En 1994, il lance une OPA sur les sociétés Cofibel et Cofimines à un prix sous évalué.
Selon l’accusation, près de 250 millions d’euros d’actifs sont détournés dans des sociétés off shores, somme qui lèse directement les actionnaires minoritaires.
Didier Pineau Valenciennes, un des parrains du business français, réputé fin stratège, signe le document d’OPA qu’il remet aux autorités alors qu’il lui est impossible d’ignorer ces irrégularités. Ces 250 millions montrent d’ailleurs le niveau de jeu dans lequel les élites évoluent. Quand elles piquent, c’est la valse de dizaines de millions d’euros.
La justice belge capote, volontairement ou non et finit par rendre son jugement qui m’a marqué, en 2006 : DPV est reconnu coupable. Une charge d’escroquerie est aussi retenue… et ?... DPV n’est pas condamné.
C’est beau le business quand on est en haut, hein ?
Bref, le conseil le plus précieux auquel je crois, c'est vraiment de toujours prendre la majorité du capital d'un projet à moins d'avoir une très longue expérience de ses partenaires ou d'être assuré (mais je ne vois pas trop comment parier dès le départ sur une introduction future en bourse...) de pouvoir revendre, genre bénéficier d'une option de vente... le genre de pilule plutôt compliquée à négocier au tout départ d'un projet.
Certes, je n'ignore pas les nombreux cas célèbres où des personnes ont touché le jackpot avec des participations purement financières minoritaires ou un bout de capital accompagnées d'un job opérationnel dans le projet. L'ennui, c'est que personne ne ramène ces très rares succès aux nombres de tentatives globales.
Ceux qui oeuvrent dans le capital risque, disent souvent qu'un seul projet sur 10 les payent, alors qu'ils sont professionnels, entourés de toutes les équipes compétentes et bénéficiant à la fois de réseaux et d'expérience. Les produits défiscalisés type FIP et FCPI ont également montré toutes les limites de l'exercice, même quand on fait partie des 5 plus grandes banques françaises...
Les investisseurs privés qui réussissent doivent probablement avoir un taux de réussite de 1 à 2% seulement. Un projet économique a besoin d'un chef. Soit on l'est soi même et on contrôle le capital, soit on n'est pas chef dans l'âme et on mise alors sur une personne. Dans ce deuxième cas de figure, le business modèle ne pourra toujours venir qu'en deuxième position après la sélection d'un bon chef. Les concepts et idées de business, c'est pour moi de la poudre aux yeux. La capacité de réalisation est prioritaire à l'idée.
Charles Dereeper
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