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Henri Dumas : LA FRAUDE ? PARLONS-EN

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(article du 17 novembre 2011)

Il paraît que le sujet va être au centre de la campagne présidentielle. Invitons-nous dans le débat. Nous connaissons bien la question.

La fraude appelle une réflexion sur au moins deux points : le motif et les moyens.

Le motif :

Si l'on exclut la fraude viscérale de l'asocial, forcément minoritaire et pathologique, celle dont parle les politiques, la fraude massive, ne peut pas échapper à cette question : pourquoi la fraude ? Chacun a en tête la prohibition américaine, exemple type de la fraude massive liée à une règlementation stupide. Tous les vices en découlant ont été largement divulgués au cinéma ou en littérature. Il a suffi de supprimer la prohibition pour que la fraude et son cortège de déviances sociales stoppent aussitôt.

En clair, le système mis en place est plus ou moins "fraudiphore". Notre système fiscal, impôts de l'Etat ou charges sociales, est "fraudiphore". Les raisons en sont multiples. Il est injuste, complexe. Il est inefficace, car son coût anormalement élevé est loin d'apporter les prestations qu'il prétend. Il s'autoalimente en flattant l'irresponsabilité et en favorisant les tricheurs de tout poil.

Ceux qui ont mis en place ce système ou qui le cautionnent devraient, avant toute dénonciation de fraude massive, se poser objectivement la question de leur part de responsabilité dans la fraude qu'ils dénoncent.

Citons, par exemple, l'injustice flagrante de l'impôt progressif sur le revenu qui, à prestations publiques égales en retour, est très élevé pour certains alors que d'autres paient très peu ou même en sont exemptés. Pareillement pour les charges sociales qui, à prestations égales, n'ont pas le même coût pour tous. Un impôt plus juste, minoré dans son taux mais payable par tous, ferait tomber d'un coup la plus grande partie de la fraude. Tous sont prêts à payer l'impôt ouvrant des droits égaux, s'il était réparti également sur tous.

Les politiques, par ailleurs sans dessein séduisant pour le pays, se contentent d'acheter les voix. Les plus nombreuses sont acquises par le cadeau fiscal de l'impôt progressif, qui leur offre la gratuité des prestations de l'Etat.

Les moyens :

La dénonciation de la fraude est inévitablement suivie des moyens engagés pour sa répression. Tel dictateur, après avoir accusé son peuple d'abriter des renégats ou terroristes ne manquera pas de mettre en place une police dédiée à leur éradication. C'est donc celui-là même qui ne respecte pas son peuple qui va inventer un ennemi inexistant pour soumettre ce peuple à l'aide d'une police aux moyens illimités justifiée par le crime d'intention qu'il a inventé. Nous sommes exactement dans ce cas de figure. Ceux qui ont mis en place un outil fiscal injuste, produisant des prestations défaillantes, en dénonçant la fraude massive confortent un système répressif aux moyens illimités, qui lève des impôts fictifs en toute impunité en laissant croire qu'il châtie les fraudeurs. C'est "Stasi-Bercy" qui se trouve légitimée. Le vol d'Etat est légitimé par la fraude provoquée par l'Etat. La boucle est bouclée. Le nœud est solide.

Le plus grave :

Il y a plus fort. Deux camps s'opposent sur la définition du tricheur générant la fraude massive. Pour l'un c'est celui qui tente d'échapper à l'impôt, pour l'autre c'est celui qui abuse des prestations. Cette situation serait la preuve, s'il en fallait une, de l'inefficacité structurelle de l'impôt et des prestations de l'Etat, puisqu'aussi bien les deux bouts du système sont insatisfaits. Nous pouvons donc affirmer que nous sommes face à une fonction publique et à une organisation fiscale structurellement défaillantes. Pourtant, nul politique n'envisage de remettre tout à plat, alors que c'est le moment. Ils se contentent de dresser les deux camps, artificiellement fabriqués par eux, l'un contre l'autre. C'est une très lourde responsabilité de leur part. Ils ne maîtrisent pas le foyer conflictuel qu'ils alimentent. Il est probablement aussi dangereux et incontrôlable que le feu atomique. On peut comprendre cette simplicité intellectuelle et morale pour la CGT ou le CID UNATI, mais chez les candidats à l'élection présidentielle….

Cherchez l'erreur. Pour moi elle se trouve à Bercy, plus particulièrement en son cerveau, chez les inspecteurs généraux des finances, puisqu'ils sont les patrons de notre politique et de notre vie.

Cordialement. H. Dumas



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Commentaires

Le 17 novembre 2011 par : fabgrass

Je me présente rapidement : formation scientifique, apolitique et plutôt contestataire, à gauche à l’époque ou je considérais qu’il fallait choisir, par rejet d’une droite traditionnelle que j’ai cotoyée et dont je n’ai pu que faire le constat navré que ses représentants, proches ou lointains institutionnels, étaient l’aboutissement fariné (euh, rafiné, je la garde même si pas intentionnelle) de la bétise et de l’hypocrisie. Inversement, l’intelligence, la sensibilité, la qualité humaine je ne l’ai rencontré qu’a gauche dans mes jeunes années. Gauche de coeur donc, pas vraiment politique, face à l’épouvantail réactionnaire qui de dreyfus a l’algérie en passant par le tout répression etc.

Je suis plutôt intéressé par les thèses libérales que je lis sur ce site même si j’estime qu’elles laisseraient basculer dans l’horreur des pans de la société (que deviennent les malades mentaux si l’on considère que chacun doit subvenir a ses besoins, être pleinement responsable et se défier de la solidarité ?).

Mais pourquoi donc aucun état n’adopte t il ces thèses pour son propre fonctionnement ? La simple volonté du politique de s’accrocher a l’os du pouvoir et de son clientélisme ? L’agrandir , le consolider, plutot que de renoncer a certaines de ses prérogatives par simple humilité ? Ce serait ça ? Un syndrome "staline" ou "Fidel" les puissant a vouloir s’infiltrer, controler toujours plus d’aspects de la vie de la nation - malgré la démocratie en quelque sorte ?

Ou bien ,s’il y en à, des états libéraux, quel est l’état le plus vertueusement libéral sur la planète aujourd’hui ? Ou par le passé ? Si l’exemple est passé, qu’est ce qu’il la conduit à sa perte ? Si le libéralisme "pur" est un voeu pieux, pourquoi ? ca a l’air si simple !...


Le 17 novembre 2011 par : oscar

à fabgrass

Vastes questions, ...

On ne peut pas répondre en quelques pages à votre commentaire.

Voilà des sites qui vous permettrons de trouver des réponses sur le libéralisme, ..........

https://www.liberaux.org/ http://www.wikiberal.org/wiki/Accueil http://www.objectifliberte.fr/


Le 17 novembre 2011 par : Henri DUMAS

Bonjour, Concernant la cause du manque d’adeptes au libéralisme, je me permets de vous conseiller l’ouvrage de La Boétie " Discours de la servitude volontaire" écrit en 1548. Concernant la solidarité : pas de société sans solidarité, évidemment. Le problème est au niveau du mélange des genres, nid à mensonges. Faisons simple et organisé. L’impôt, qui ouvre des droits égaux à tous, doit être payé également par tous. Donc pas de progressivité, tous doivent payer pour être conscients de la dépense publique et de son objectif. Ensuite, qu’une caisse soit créée, abondée par l’impôt, pour venir en aide aux plus faible, bien sûr. Mais cessons cette absurdité de 50% de français qui ne paient pas l’impôt et sont ravis d’imaginer la ruine des "riches", qui ne sont que des créateurs de richesses dont la société a aussi un besoin vital. Cordialement. H. Dumas


Le 17 novembre 2011 par : Balthazar

"que deviennent les malades mentaux si l’on considère que chacun doit subvenir a ses besoins, être pleinement responsable et se défier de la solidarité ?"

> vous avez l’air de vous en préoccuper ne pensez vous pas qu’avec moins d’impots vous pourriez vous en occuper ou donner à quelqu’un qui s’en soucie vraiment ?

Pensez vous etre le seul dans votre cas ?

"Mais pourquoi donc aucun état n’adopte t il ces thèses pour son propre fonctionnement ?"

> la hierachie est dans l’homme on est des bovins, c’est comme ça

je crois que la discussion et l’enseignement permettent de faire evoluer les choses

"Ou bien ,s’il y en à, des états libéraux, quel est l’état le plus vertueusement libéral sur la planète aujourd’hui ? Ou par le passé ? Si l’exemple est passé, qu’est ce qu’il la conduit à sa perte ? Si le libéralisme "pur" est un voeu pieux, pourquoi ? ca a l’air si simple !..."

> empire Ottoman, Hollande du 17E, UK du 18e , USA au 19e siecle ?


Le 18 novembre 2011 par : Henri DUMAS

Inutile d’aller chercher très loin, la France a été libérale de 1950 à 1973, date à laquelle les inspecteurs généraux des finances ont pris le pouvoir. Le libéralisme est un état éphémère comme toute organisation de la société, dictatures comprises. Il n’y a rien de définitif dans les formes que les sociétés humaines se donnent.La démocratie tente de trouver un équilibre entre les différentes solutions possibles.Elle n’y arrive pas toujours. Cordialement. H. Dumas


Le 20 novembre 2011 par : Galiper

Il me semble que les Néo-Zélandais, les Suisses (qui ont massivement voté contre une sécu à la française récemment), les Canadiens (qui ont remboursé leurs dettes et n’ont donc aucune raison de rejeter la faute de leurs malheurs aux agences de notations ou aux banquiers) sont organisés de façon très libérale, chacun à sa façon...

Et il me semble également que ces pays n’ont rien de l’enfer que nous décrivent les étatistes (de gauche et de droite) :)


L'auteur
Henri DUMAS

J’aime réfléchir sur l’oppression fiscale, les problèmes économiques et politiques et les solutions possibles. Vous pouvez retrouver mes articles sur www.temoignagefiscal.com