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Charles Dereeper : Oui, il faut taxer les plus values immobilières sur le logement principal et dès demain même !

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(article du 21 janvier 2011)

Ah ce papier, je vous le promets, il va enfin me réconcilier avec les gocho communistes. Bon, ce sera juste pour une couchaillerie d’un soir, car ma position est claire et nette : la quantité d’impôts tue la France à petit feu. Bien que tout le monde n’en soit pas convaincu, il y a un lien direct entre la quantité de prélèvements d’un Etat, la croissance de l’économie et la prospérité de ses habitants. Les nombreux analystes indépendants, banques, FMI, hedge fund et économistes qui se sont collés sur le thème, sont à peu près tous parvenus à cette conclusion, en étudiant un siècle de données économiques portant sur une cinquantaine de pays, développés ou émergents.

 

Mais là, le sujet d'une nouvelle taxe mérite débat.

 

Prenons mon propre père que je titille chaque fin d’année sur le sujet. Précisons que mon père est un homme honnête fiscalement et intellectuellement, travailleur acharné et soucieux de l’intérêt général. Quand je lui dis que ma génération, celle des enfants de baby boomers ne peut pas se payer d’immobilier et que sa génération nous a sacrifié pour leur confort personnel sur ce problème du logement, il me répond : ba, ba, ba. Moi j’ai emprunté, j’ai travaillé comme un cinglé, j’ai payé mes dettes et au bout de 15 ans, j’ai obtenu une première maison à moi. Vous aujourd’hui, les jeunes, vous voulez tout, sans effort.

 

Sur ce quoi, je lui répond invariablement que si nous empruntons, il faut payer une décennie de plus pour avoir la même quantité d’immobilier dans la poche, soit 25 ans au lieu de 15 ans, ce qui fait une énorme différence, en sachant que je ne prends pas en compte le très gros problème parisien, qui lui, dépasse, l’entendement…

 

Et là, le message ne passe pas. La mauvaise foi toujours se met en route, genre, tes sûr de tes chiffres ? ou toute autre porte de sortie qui lui permet de ne pas voir que les baby boomers ont planté leurs propres enfants en les privant d’une possibilité de se loger agréablement par rapport à leur quantité de travail et de salaires. Cela me laisse penser qu'il est assez dur pour les baby boomers de regarder la situation en face : ils n'ont pas envie de se sentir coupable...

 

Le débat national remet régulièrement sur la table l’histoire de la taxation des plus values immobilières au-delà de 15 ans quand il s’agit de l’habitation principale.

 

A condition de réallouer en équivalent une baisse d’impôts sur les coûts du travail ou les bénéficies des TPE et PME, je suis pour cette taxe.

 

Eh oui. C’est bien la première fois que je suis pour une taxe moi…

 

Les baby boomers vont-ils pousser le vice après avoir planté ma génération, de vouloir s’en sortir net fiscalement, prenant intégralement la bulle immobilière à leur profit ?

 

Leurs arguments sont contestables : oui, euh... si on taxe le bien immobilier principal, on ne pourra pas se reloger et le marché secondaire sera sclérosé... vrai mais franchement, les marchés du travail et des entreprises, seuls créateurs de richesse et garant de l’avenir, ne sont ils pas déjà sclérosés par toutes les mesures de redistribution sociale bidons et stérilisations des ressources dans la fonction publique, que eux baby boomers, ont contribué à mettre en place ?

 

La possession immobilière et la notion de patrimoine immobilier est quand même moins importante que la problématique des entreprises et la possibilité de trouver du travail correctement rémunéré au regard des coûts de la vie. L'avenir économique de la France est également primordial.

 

Il est évident que les baby boomers devraient recracher une taxe de 30% sur leurs énormes plus values immobilières réalisées à l’échelle du pays.

L'argument ne tient pas quand à celui de la mobilité. Ceux qui gagnent dans l'immobilier, ce sont les gens qui ont acheté dans les années 90 des maisons et appartements. Ma génération dans les années 90 avait 20 / 25 ans. Il est donc impossible qu'elle soit touchée par le problème des plus values immobilières à payer qui l'empêcherait de revendre... Il faut arrêter de mentir et de raconter n'importe quoi. Ma génération s'est retrouvée à 30 ans avec des biens immobiliers au plus haut qui ne se sont pas appréciés ou peu depuis 5 ans. Conséquence, il n'y a aucun souci à revendre, car aucune pénalisation de la taxation.

 

Autre point, beaucoup estiment qu’ils n’y sont pour rien et que c’est le système. OK, c'est vrai. Mais, pourquoi ne pas transmettre à la génération suivante 30% des plus values de manière à ce que leurs enfants puissent se loger comme eux ont pu le faire ?...

 

Quand on juxtapose ce problème immobilier avec celui qu’il va falloir payer les retraites, je trouve que nous atteignons des sommets. Prenons 30% des plus values et allouons les alors directement aux fonds qui gèrent les retraites… !

Dans la situation actuelle, ma génération doit payer de manière disproportionnée les retraites et en même temps, assumer de se loger dans de très mauvaises conditions. C'est quand même un effort insupportable non ? J'imagine que le fait d'écrire des phrases de ce genre, me fait cataloguer éditorialiste hard. Pourtant, les faits sont là. Je crois qu'il faut arrêter de fuir la violence de la réalité.

 

Bon allez, fini cet article… parce que moi, écrire des trucs comme cela, qu’il faut redistribuer ou prélever un impôt, j’ai les doigts qui bloquent… j’ai les neurones qui coincent. J’ai du prendre un coup de chaud aujourd’hui… suis pas fait pour demander à l'Etat d'intervenir afin de rééquilibrer une situation...

 

Sérieux, heureusement que j’ai quitté ce pays de fou et que je compte bien ne jamais y remettre les pieds. En tant que trentenaire, j’ai quand même le sentiment qu'il y avait marqué sur mon front un gros « PIGEON à pressuriser ». Fuyez mes chers lecteurs trentenaires. Pardon à mes chers lecteurs baby boomers, mais là, trop c’est trop…

 

Charles Dereeper

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Commentaires

Le 21 janvier 2011 par : pavdu69

Ce n’est pas la faute des baby-boomers, tout ce que les gens de cette tranche d’âge souhaitaient en achetant, c’était vivre dans un endroit plus spacieux, plus confortable, assurer un toit à leur famille ; à aucun moment ils pensaient que cela occasionnerait une hausse de 200% en une décennie ! Et puis personne n’est forcé d’acheter à ces prix ! Si les gens plongent et s’en mettent pour 25 ans sur le dos, c’est leur droit.

Et de toute façon, les enfants des baby-boomers récupéreront les biens acquis par leurs parents, ils les conserveront ou les loueront, mais tout n’est pas perdu.

De plus, vous parlez de votre génération, qui est au milieu de la trentaine aujourd’hui, mais vous pensez à ma génération qui à la vingtaine aujourd’hui ? même en prévoyant que ça progresserait autant, on aurait jamais pu faire un emprunt pour un achat immo, alors que vous à 25 ans en 2000 c’était faisable.

Mes amis, entre 19 et 26 ans sont soit locataires, et en plus ils sont aidés par leurs parents. Ou ils sont propriétaires, ceux-la sont en couple ou endettés pour un quart de siècle ou les 2 à la fois, tout ça pour un pauvre appart de 50-60m2 dans un quartier banal.


Le 21 janvier 2011 par : Benben

le probleme est toujours celui de la retroactivité des nouveaux impots. l’Etat francais change toujours les regle du jeu en pleine partie. La France est championne en la matière. Pour moi c’est encore pire que d’etre championne des impots et taxes. On perd toujours a ce jeu là.


Le 22 janvier 2011 par : Sinclair

Avez-vous pensé à ceci :

A) Vous avez achetez une maison à Nantes pour 200.000 €.

B) 7 ans plus tard, vous êtes muté à Bordeaux. La bulle immobilière fait que votre maison se négocie 400.000 €. 200.000 € de plus-value à 30%, 60.000 € d’impôt. Il vous reste 340.000 €. Oui mais la même maison à Bordeaux vaut aussi 400.000 € (sans compter les frais).

Bilan : -60.000 €

Moralité : taxe sur la mobilité


Le 22 janvier 2011 par : Sinclair

"Dans la situation actuelle, ma génération doit payer de manière disproportionnée les retraites et en même temps, assumer de se loger dans de très mauvaises conditions. C’est quand même un effort insupportable non ?"

Ouais, c’est sûr que comparés à nos grands-parents qui eux ont hérité des ruines et des traumatismes de la 2ème guerre mondiale, nous sommes à plaindre.


Le 22 janvier 2011 par : Sinclair

"Il est évident que les baby boomers devraient recracher une taxe de 30% sur leurs énormes plus values immobilières réalisées à l’échelle du pays."

Taxer les rentiers de la pierre, oui, pas le type qui déménage...

Tout ça pour affirmer qu’on ne résout pas une injustice en en créant une nouvelle.

Peut-être que vous seriez un parfait haut fonctionnaire de notre bureaucratie, finalement ?


Le 22 janvier 2011 par : Charles DEREEPER

Mon fidèle Sinclair qui me lit par curiosité psychologique, il faut croire que ma dernière prose vous inspire... vous en êtes à votre troisième commentaire...

Je vous réitère ma proposition. Au lieu de disserter dans les commentaires, pourquoi ne m’envoyez pas vous pas vos propositions et vos analyses ?

Comme je vous l’ai dit, nous pouvons publier tout le monde sur objectifeco, y compris vous...


Le 22 janvier 2011 par : Charles DEREEPER

Sinon, au fait, pour l’argument de la mobilité, faut arrêter le pipo...

Ceux qui gagnent dans l’immobilier, ce sont les gens qui ont acheté dans les années 90 des maisons et appartements. Ma génération dans les années 90 avait 20 / 25 ans. Il est donc impossible qu’elle soit touchée par le problème des plus values immobilières à payer qui l’empêcherait de revendre... Ma génération s’est retrouvée à 30 ans avec des biens immobiliers au plus haut qui ne se sont pas appréciés ou peu depuis 5 ans. Conséquence, il n’y a aucun souci à revendre, car aucune pénalisation de la taxation.


Le 22 janvier 2011 par : sophocle

L’idée de taxer la résidence principale vient surtout du fait que par définition elle ne peut pas se transporter ailleurs où le régime fiscal est plus interessant.

Je suis mort de rire de voir que tout d’un coup un trader habituellement cynique et anti-communiste primaire parle de justice fiscale ! trop drôle !

L’argent induement gagné n’est peut-être gagné pas le père de Mr DEREEPER, mais plutôt dans la haute finance, voire par les entreprises qui bénéfiecient d’énormément d’éxonération alors que les salaires stagnent ! Le problème c’est que les financiers ou les grandes entreprises peuvent faire de "l’optimisation fiscale" qui fait qu’en pratique ils ou elles échappent à l’impôt en France.

Entre donneur de leçons et cynisme , il y a peut-être la lucidité !


Le 22 janvier 2011 par : Sinclair

"Je vous réitère ma proposition. Au lieu de disserter dans les commentaires [...]"

Sur ce point, vous avez raison, je perds mon temps. D’autant plus que le site est très mal conçu pour les suivre les discussions (pas d’alerte sur nouveau message).

"pourquoi ne m’envoyez pas vous pas vos propositions et vos analyses ?"

J’ai déjà publié par le passé. Je n’ai actuellement pas de projet éditorial. En outre, je ne publierai que sur un site sans aucune publicité.


Le 22 janvier 2011 par : Corleone

Tout à fait d’accord avec BenBen : ce qui nuit le plus à l’investissement étranger en France c’est que l’Etat change les règles du jeu en permanence (évidemment en cas d’alternance politique mais aussi un même gouvernement revient sur ses propres décisions). Un investisseur a besoin de visibilité à long terme, et si la fiscalité change tous les ans il n’y a aucune visibilité. Pour la résidence principale c’est un autre débat, qui doit aussi être rapproché de la question des abattements. En effet avec le système actuel on est exonéré d’impôt sur la plus value à partir de 15 ans de détention, donc les baby boomers visés par ce papiers échapperaient encore à l’impôt, et les jeunes payeraient toujours un peu plus pour boucher des trous de plus en plus profonds. On pourrait par exemple remplacer toutes les exonérations et abattements actuels par un abattement de 25.000 ou 50.000 euros sur la plus-values nette (prix de vente - [prix d’achat + travaux]).


Le 22 janvier 2011 par : axel18

Pour Sinclair, l’excuse de la seconde guerre mondiale est un peu simpliste, tout le monde l’a eu en Europe ( à l’exception des espagnols, portugais, suédois et suisses). Ensuite chaque pays a fait ce qu’il a pu ou voulu. Nous on a marché avec l’oncle d’Amérique qui nous a bien aidé. Je ne vois aucune excuse pour la génération baby boomer ou la précédente qui leur a collé cette guerr.


Le 23 janvier 2011 par : jctrader56

Tout à fait d’accord avec Charles !! IL est même étonnant que des jeunes qui se font allumer sur leurs salaires ou plus values continuent de défendre leurs ainés...comme quoi l’affaire a été bien mené par les anciens ... Pour la mobilité, l’imposition sera établie à partir de 1.2M euros la vente ....çà ne touche qu’une certaine partie des propriétaires... :)) De toute façon ,il faut des sous ...soyez tranquilles , jusqu’en 2012 , on est tranquille...


Le 15 juin 2011 par : Bjarnulf le Viking

Faisons simple ; prenons un père de famille dont la famille s’est agrandie d’un ou deux enfants en sus des précédents, qui bosse beaucoup, ne vit pas aux crochets de la collectivité et a déjà un bon salaire puisqu’il est capable de s’acheter sa résidence principale pour y loger sa famille en accroissement. C’est le profil idéal pour la France : natalité, autonomie, sens des responsabilité, dynamisme économique et préparation de l’avenir collectif (je pense aux futurs retraités dont les retraites seront payées par les enfants des autres … !). Ce gars là doit vendre sa résidence principale où sa famille ne tient plus pour s’en racheter une autre plus grande, en passant par exemple de 70 m2 à 110 m2. Il a acheté il y a 10 ans : 70 m2 x 2 000 €/m2 = 140 000 € Il achète en remplacement LA MEME CHOSE en plus grand, soit 110 m2 x 2 700 €/m2 = 297 000 € Je néglige les 7 % de droits non représentatifs d’une valeur vénale qu’il va devoir supporter en plus …… QUESTION : pensez-vous que notre homme s’est enrichi de (2 700 – 2000) x 70 m2 = 49 000 €. Et comptez-vous pour quantité négligeable le fait qu’il va devoir rallonger 157 000 € en plus pour loger sa famille ? CONCLUSION : le mode de raisonnement de monsieur C. Dereeper est, sauf l’estime que je lui porte, complètement déconnecté de la réalité bien terre à terre des familles avec des enfants. Cela m’étonne de quelqu’un dont j’apprécie par ailleurs tout le bon sens dans ses articles.


L'auteur
Charles DEREEPER

Rédacteur, éditeur, entrepreneur, trader...

L’intégralité de mes articles est publiée sur Objectifeco à cette adresse : http://www.objectifeco.com/auteur/c... que je considère comme mon blog perso.

Je vis en fonction de l’intuition, du coeur et de la possibilité de mourir à chaque instant.

Je mets à la poubelle la culture chrétienne, ce que m’ont raconté mes profs ou mes parents et toutes les âneries que l’Etat français a tenté de m’imposer pour me tenir en laisse...